Les bénéfices invisibles d’Autolib

Les bénéfices invisibles d’Autolib

C’est parfois lorsqu’on perd l’être aimé que l’on se rend compte de l’affection qu’on lui portait.

La recharge publique, un sérieux bénéfice collatéral

Si Challenges n’a souvent pas été tendre avec le service Autolib, ils pointent aujourd’hui l’un des bénéfices peu connus du service, mais à fort impact sur le développement du véhicule électrique dans la capitale : le réseau Autolib constituait aussi l’un des plus grands réseaux publics de bornes de recharge au monde à l’échelle d’une ville. Et il fonctionnait correctement, n’était pas cher, était assez disponible, et proposait même de réserver la place à l’avance (un avantage indéniable à Paris où la recherche d’une place en journée peut être compliquée !

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Betlib’ : un substitut à Autolib pas du tout à la hauteur ! (Source : Challenges)

 

Nombreux étaient les utilisateurs de voiture électrique à bénir l’existence de ce service peu connu, rendu possible par la présence de l’importante infrastructure de recharge nécessaire au service d’autopartage. La DSP imposait une ouverture dans des conditions avantageuses des bornes de recharge (Bolloré n’était pas pour du tout), un signe que ce contrat n’était pas si mauvais.

Autolib, bien plus qu’un service d’autopartage, sera difficile à remplacer

Il y a deux semaines j’entendais la directrice générale du Syndicat Mixte Autolib (qui était chargé initialement de déployer et promouvoir le service pour le compte des collectivités) minimiser comme jamais l’impact et l’ampleur de ce service, jugeant le nombre d’abonnés non significatif. Le nombre d’abonnés (plus de 100 000) était significatif pour un service de ce type, il aurait pu être plus élevé. Mais Autolib était aussi une vitrine de Paris et un outil de promotion du véhicule électrique très puissant, sur le modèle norvégien : fournir de puissant incitatifs à l’utilisation de ces véhicules, ici le stationnement gratuit, la recharge accessible, la réservation d’une place. Il sera difficile à remplacer, d’autant plus que la faille dans la DSP était prévisible : il ne sert à rien de posséder les bornes physiques, les équipements, si l’on ne dispose pas du logiciel qui les pilote. Le bornes de recharge Autolib sont des astres morts qu’il faudra remplacer avant d’avoir trouvé un exploitant qui veuille bien dans des conditions raisonnables en reprendre l’exploitation. Et cela viendra malheureusement ajouter au mécontentement suscité par la gestion de ce dossier.

Globalement la fermeture d’Autolib ouvre de belles opportunités de faire de nouvelles choses, mais la Mairie de Paris ne devrait pas compter sur certains acteurs au manque d’ambition avéré comme Sodetrel ou Renault pour faire des merveilles. Un nouveau modèle est à inventer. To be continued…

Pour aller plus loin

J’ai consacré en 2012 une série d’articles à Autolib’ car j’avais particulièrement approfondi le mode de fonctionnement de ce service à l’époque, et l’ai suivi de près depuis. J’entends poursuivre cette série avec un autre regard dans les semaines à venir.

Vous avez des analyses, des idées originales pour la suite, des questionnements par rapport au projet Autolib ? Contactez-moi via mon profil LinkedIn.

Les pros & cons de la voiture électrique… pour les nuls !

Les pros & cons de la voiture électrique… pour les nuls !

Souvenez-vous, la semaine passée, tous ces commentaires réjouis sur le mode « un véhicule électrique cela pollue plus qu’un véhicule diesel, c’est le MIT (et le FT) qui le dit ! » Vous en avez certainement vu passer dans votre fil Twitter, Facebook ou LinkedIn. Lire la suite « Les pros & cons de la voiture électrique… pour les nuls ! »

Quand nous n’enseignerons plus les moteurs thermiques aux ingénieurs

Quand nous n’enseignerons plus les moteurs thermiques aux ingénieurs

Ce temps viendra. Et si bientôt se préparait la fin du moteur thermique ? Ce n’est pas le sujet de l’article suivant qui m’a inspiré, qui porte sur la fin de la téléphonie RTC analogique. Toutefois cela m’a fait réagir et me projeter dans l’enseignement que reçoivent les élèves ingénieur. Lire la suite « Quand nous n’enseignerons plus les moteurs thermiques aux ingénieurs »

Le développement des véhicules électriques n’est pas linéaire !

Le développement des véhicules électriques n’est pas linéaire !

Un fait majeur s’est produit aux Etats-Unis en 2015 : Tesla a pulvérisé ses concurrents du segment premium ! Sur un marché légèrement déprimé de 1% tous les modèles décrochent, souvent de plus de 10%, tandis que la Model S s’adjuge +43% et devient la voiture la plus vendue du segment, Tesla talonnant Mercedes au global.
Difficile d’expliquer ce véhicule par ses seules qualités mécaniques, son confort, où les services associés. Sur ce segment la compétition est rude. Non, la Tesla Model S est simplement la première voiture totalement crédible qui a fait ses preuves et déclenche l’hystérie des acheteurs. Je n’envisage pas le développement de technologies comme le véhicule électrique ou plus encore le véhicule autonome comme linéaire : en l’absence de compétitivité avec les alternatives existantes c’est le plateau. Une fois la compétitivité, la bascule est exponentielle et irrémédiable !

http://learnbonds.com/126291/tesla-motors-inc-tsla-model-s-dominates-premium-car-market/

Le marché des scooters électriques « frémit »

Le sentez-vous vous parcourir l’échine cz frémissement ? Voyez plutôt…
« Le frémissement des ventes sourit également à Eccity Motocycles qui enregistre 28 immatriculations de son Artelec 670. »
Soyons optimistes, comme l’AVERE, qui se félicite qu’avec plus de 1800 ventes la barre ô combien symbolique des 1% de part de marché ait été brillamment franchie. Comme l’AVERE, nous pourrions nous féliciter de chiffres atones mais en progression de quelques points.

Soyons honnête aussi, ce chiffre n’est pas pire que celui des voitures électriques, le tout sans subventions. Il faut dire que le problème de ces scooters ce n’est pas qu’ils représentent déjà un gain de performance appréciable par rapport à l’existant. Le problème de ces scooters c’est que comme tous les scooters ils représentent un risque d’accidents graves importants, auxquels s’ajoutent une cohabitation « complexe » avec les autres usagers. Dans ces conditions difficile pour beaucoup de collectivités de soutenir financièrement ces véhicules. Soutenir les VAE (Vélos à Assistance Électrique) est plus naturel, on les comprend bien. Toutefois envisager des mécanismes incitatifs, voire coercitifs pour substituer aux scooters thermiques des modèles électriques pourrait avoir du sens, y compris d’un point de vue électoral.
Après tout, les scooters thermiques sont une véritable nuisance en ville, par le bruit dément qu’ils génèrent (surtout les « kéké » les soirs d’été) et ils génèrent une pollution aux particules tout à fait considérable.
Las, les constructeurs eux-mêmes ne semblent pas terriblement y croire ou le vouloir. Dommage…
http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=6431&from_espace_adherent=0

La Chevrolet Bolt, première de son genre !

Elle ne sera pas la dernière mais la Chevrolet Bolt inaugure une catégorie particulièrement intéressante de voitures électriques : moins de 30k€ et plus de 250 km réels sur autoroute. C’est a priori le cas de celle-ci, avec ses 320 km sur le cycle EPA américain.

Cela signifie que sur un véhicule « normal » (comme on prix) on peut faire occasionnellement des déplacements longue distance sur autoroute dans des conditions correctes (pause tous les 2h certes) et tous les déplacements du quotidien sans souci aucun. Pour le prix d’un véhicule traditionnel globalement.
Il y en aura beaucoup d’autres. A commencer par la Nissan Leaf qui dans sa version 2017 comblera peut-être son retard (la Bolt ne sera disponible que fin 2016). La Tesla 3 pourrait aussi venir se positionner.
Il ressort aussi que les batteries de 50 kWh et plus vont se généraliser. Donc que la recharge dire « semi-rapide » à 21 kW va devenir la norme pour beaucoup d’usages, que la charge « rapide » sera nécessaire sur autoroutes. Que donc il faut en tirer les conséquences (et rapidement) pour l’évolution du réseau électrique. On sait faire rouler des TGV à l’électrique, pourquoi pas donc des voitures ?
http://www.breezcar.com/actualites/article/chverolet-bolt-voiture-electrique-320-km-autonomie-0116

La petite Leaf qui grave la voie du véhicule électrique

Plus discrète que la Tesla Model S, peut-être finalement moins connue du grand public, il y a une voiture électrique pionnière de cette nouvelle génération à base de batteries Li-ion apparue au tournant des années 2010 : c’est la Leaf bien évidemment ! 200 000 ventes mondiales après 5 ans apparaîtrait modeste pour beaucoup de modèles de cette catégorie, mais la progression illustre le travail accompli et surtout l’immense potentiel.

La Leaf est une voiture réussie, et une voiture électrique réussie, depuis le début. Elle a su réunir une communauté d’utilisateurs passionnés autour d’elle. Et elle évolue très régulièrement. Les progrès accomplis sont déjà marquants en termes de fiabilité et même d’autonomie, et les prochaines évolutions vont permettre de franchir un cap.

Ce cap pour moi, c’est celui des 250km d’autonomie sur autoroute, en conditions réelles. Cela correspond à 2 heures de conduite. Passé ce cap la question de l’autonomie deviendra un problème secondaire puis un non-problème. Tesla a illustré cette situation. Et devinez quoi ? La Leaf va franchir ce cap dès 2017-2018. Et ensuite ? Toutes les évolutions permettront de poursuivre un double objectif : allonger encore un peu l’autonomie et réduire le coût de la voiture, jusqu’à ce qu’elle coûte le même prix qu’une hybride aujourd’hui, et que son avantage à l’usage écrase les motorisations thermiques (qui elles, de plus en plus sophistiquées, coûtent de plus en plus cher). D’ici 2030 la convergence complète pourrait avoir eu lieu.

De son côté Renault s’est positionné aussi sur l’électrique avec un succès moins marqué, une rapidité d’exécution moins importante (arrivée sur le marché en 2012-2013). Mais s’ils développent à plein les
synergies industrielles au sein du groupe Renault devrait aussi être capable de devenir un leader de l’électrique dans les années 2020. Et faire du pari de Carlos Ghosn un succès avec quelques années de retard ?

Une belle histoire riche d’enseignements, à lire ci-dessous.
https://transportevolved.com/2015/12/10/five-years-after-its-launch-nissan-leaf-electric-car-heads-towards-200000-global-sales/