L’arrivée de GM signe la victoire de la vision de Tesla

GM annonce sa Bolt pour 2017 à un prix et une autonomie qui entrent en compétition avec la future Model 3 de Tesla. Une voiture à 35 000 euro avec une autonomie supérieure à 400km (autonomie réelle de 250-300km en toutes conditions donc). Une voiture attractive pour la majorité de ceux qui ont les moyens et l’envie d’acheter une voiture neuve (rappelons que ces gens-là, en-dehors des entreprises, sont une espère rare et vieillissante).

Cette voiture qui arrive sur le marché de la part d’un constructeur majeur, en concurrence de Tesla, vient valider la vision par Elon Musk d’un véhicule électrique abordable et performant. GM et plusieurs constructeurs majeurs investissent désormais des sommes considérables pour accélérer leurs programmes et ne pas laisser Tesla s’installer seul sur ce marché.

Vous me direz, valider la vision de Musk pourrait signer la fin de Tesla si les grands constructeurs parviennent à produire des véhicules rapidement, alors que Tesla doit faire face à de nombreux défis d’ingénierie, de logistique et de financement. Pas si sûr, si on tient compte de quelques éléments : la Model 3 sera d’un standing et de réforme ces nettement supérieurs à la Bolt, à un prix équivalent ; Tesla a pris les moyens nécessaires pour produire en masse le véhicule (notamment pour la production de batteries) ce qui n’est pas avéré pour GM et les autres ; Tesla ne se conçoit toujours pas comme un simple constructeur de voitures, il a intégré dans sa vision de long terme la mobilité autonome et partagée.

http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-09-16/elon-musk-wanted-a-race-now-he-has-one

Les voitures #diesel et essence sont en voie de disparition

Certes le mouvement n’est pas encore tout à fait visible à l’œil nu, mais il semble inexorablement amorcé !
Si les quelques engagements et perspectives donnés par les constructeurs ne constituaient pas suffisamment de signaux faibles (cf. lien), le fait qu’une alliance internationale de pays incluant l’Angleterre, l’Allemagne et les Pays-Bas, ainsi que des États d’Amérique du Nord ait pour objectif d’interdire la vente des véhicules diesel et essence à horizon 2050 devrait nous ouvrir les yeux.
Certes les Etats-Unis au niveau fédéral, la Chine ou la France n’en font pas partie, mais il faut regarder les initiatives globalement, avec les réactions en chaîne qui s’ensuivront. D’abord l’alliance pourrait s’étendre à d’autres pays. Ensuite certains constructeurs, notamment allemands, pourraient être plus qu’incités par cette perspective à développer les alternatives à marche accélérée.

En fait cette approche est rationnelle. On peut estimer qu’en 2030-2035 les motorisations électrique à batterie seront entièrement compétitives avec les motorisation diesel sur le prix et l’autonomie. Ceci d’autant plus que les normes Euro renforcées sur les émissions de polluants locaux et le mécanisme de limitation des émissions moyennes du parc à 75g CO2/km auront considérablement renchéri et complexifié les motorisations diesel comme essence.
Dans ces conditions, à partir de cette date, les constructeurs se concentrent sur du 100% électrique, éventuellement du biogaz et quelques autres alternatives, et limitent leurs investissements dans de nouvelles motorisations essence et diesel désormais réservées à des marchés spécialisés et de niche. Ce qui tend à démontrer que les projections comme celles de l’ADEME qui maintiennent 1/3 de ventes d’hybrides rechargeables et autant de thermiques (pas forcément diesel) en 2050 dont tout sauf optimistes finalement.

http://www.zevalliance.org/content/going-electric-future-billions-tons-less-carbon
Amis étudiants Ingenieur, ayez cela en tête au moment de choisir une spécialisation : si vous choisissez les moteurs thermiques essence / diesel vous aurez 15 ans de challenges importants et stimulants, suivis de 15 ans de stagflation (attention à la dépression !), et si vous persévérez, vous pourriez bien terminer votre carrière comme les ingénieurs informatiques spécialistes du COBOL, qui travaillent sur une technologie obsolète mais s’endorment très bien car leur compétence est devenue rare. C’est un plan de carrière qui en vaut d’autres pour qui s’y sent prêt !
http://www.zdnet.fr/actualites/le-cobol-une-valeur-refuge-pour-les-programmeurs-39384383.htm

Peut-on électrifier toute la mobilité ?

Un article bien informé / documenté sur la comparaison hydrogène / électricité pour remplacer le pétrole.

Plusieurs conclusions / remarques :
1/ La voiture 100% pétrole n’a aucun sens économique / environnemental à horizon 2050, et déjà à partir de 2030. L’hybride deviendra la norme assez rapidement (10 ans ?) puis l’hybride rechargeable.
2/ L’hydrogène n’est pour l’instant pas une solution intéressante. Du moins dans le contexte énergétique français. Les arguments laissent transparaître que les pays ayant une production très décentralisée, très décarbonée et intermittente pourraient y trouver un intérêt. Ex : Allemagne, Japon. J’imagine bien de l’hybride hydrogène / électricité après 2030, qui présenterait l’intérêt d’avoir une seule chaîne de traction !

3/ L’électricité va devenir dominant en urbain et périurbain a minima. Le risque est pointé d’une généralisation des berlines tout électrique : comment les recharger dans les « grandes migrations » ? Un argument en faveur de l’hybride rechargeable.
4/ L’auteur ne mentionne pas que pour que cela advienne, notamment électrique en urbain et hybride rechargeable en-dehors, il faut diminuer la propriété pour avoir des véhicules différents selon l’usage. Cela passe par une généralisation de véhicules partagés en urbain, et un développement de véhicules à la demande ou du moins loués entre particuliers pour les weekend / vacances.

Le point 4 paraît aussi important que la technologie pour la réussite d’une électrification totale de la mobilité.

http://www.carfutur.com/quelles-energies-pour-quelles-motorisations/

La voiture électrique est incompatible avec l’écosystème de la voiture thermique

C’est ce qui ressort de cette enquête du New York Times. Acheter sa voiture électrique chez un concessionnaire est un parcours du combattant, pour les raisons suivantes : modèle économique inadapté, fossé culturel avec les vendeurs, incompétence de ces derniers.
http://mobile.nytimes.com/2015/12/01/science/electric-car-auto-dealers.html?_r=2&referer=

Les constructeurs le savent. Tesla en a tiré les conséquences (ils n’ont pas de concessionnaire). Les autres doivent faire avec leur réseau traditionnel. Ils essaient de former / sensibiliser, parfois de dédoubler le réseau (BMW). Ceux qui sont partis tôt (Nissan, Renault, BLW) auront un avantage en 2020 quand le mass Market sera concerné. Mais sera-ce suffisant ?

J’ai travaillé il y a quelques années avec un constructeur qui avait des VE en gamme et avait fait ce constat. On leur avait proposé avec Deways une formule originale où ce sont les clients actuels de voitures électriques de la marque qui fournissent les véhicules pour des essais longue durée, et assurent une partie du travail, celui d’expliquer et de convaincre. Ils ont trouvé cela génial. Mais la direction commerciale a préféré obliger chaque concessionnaire à avoir deux voitures électriques en parc pour des essais longue durée.

Devinez quoi ? Leurs ventes n’ont pas vraiment augmenté en 2 ans, et certainement les concessionnaires sont-ils ravis d’avoir ces 2 voitures électriques par concession pour rien !

Une transition vers des véhicules bas carbone, bénéfique pour le climat et riche en emplois

Une étude financée par les constructeurs automobiles affirme qu’il faut toujours autant de voitures en 2030-2050, mais largement électrifiées, et que tout ira bien. Libre à vous de la pendre pour argent comptant.

La réalité est peut-être complexe : landimplenelevtrificatione suffira pas (ou rieuse d’entre difficile à atteindre / soutenable) sans questionner nos mobilités : moins de certaines mobilités, plus de partage…
http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2015/11/26/une-transition-vers-des-vehicules-bas-carbone-benefique-pour-le-climat-et-riche-en-emplois_4818342_3244.html?xtref=http://utca.fr/une-transition-vers-des-vehicules-bas-carbone-benefique-pour-le-climat-et-riche-en-emplois/

Bon maintenant je vais lire en détail au-delà de la synthèse…

Autoroutes : des bornes de recharge entre Paris et Lisbonne

Développer un réseau de recharge rapide sur autoroute. En voilà une bonne idée. En transfrontalier France – Espagne – Portugal : pourquoi pas ? Avec un système d’accès / paiement unifié j’imagine ? On peut toujours espérer.
Bonne idée à condition surtout d’avoir des véhicules électriques ayant une autonomie réelle de 250-300km sur autoroute, pour pouvoir faire des arrêts tous les 2 heures pendant 30mn.

La Tesla Model S permet exactement cela, ce qui la rend propre à des déplacements longue distance s’ils ne sont pas trop fréquents, dans des conditions acceptables pour l’utilisateur.
Pour ce qui est des autres modèles, comme la Nissan Leaf ou la Renault Zoé, de telles bornes ne serviraient que pour du cabotage, relier des métropoles assez proches en se dépannant si besoin. C’est à dire qu’il s’agit d’un marché de niche, d’autant que Tesla développe déjà le SuperCharger pour ses clients.

Le bon côté de l’affaire c’est que le temps de déployer ce réseau à financement public on peut espérer que la nouvelle génération de véhicules électriques (dont la nouvelle Leaf) sera arrivée sur le marché, ce qui augmentera l’intérêt de la formule.

En revanche sur l’opportunité de privilégier l’axe France – Espagne – Portugal alors que ces 2 derniers pays représentent 3000 véhicules par an, voilà qui est prospectif. Un pari sur l’avenir. J’aimerais tout de même bien voir l’étude préalable avec les prévisions d’usage. Ce serait très intéressant. En tout cas Tesla n’en a pas fait une dorsale de son réseau européen.

http://www.breezcar.com/actualites/article/bornes-de-recharge-voitures-electriques-France-Espagne-Portugal-1115

Long Term Review: Can Nokian Hakkapeliitta R2 Winter Tires Give Grip and Good Economy? | Transport Evolved

Ça a l’air évident une fois qu’on a lu l’article, mais sur une voiture électrique il faut aussi se soucier des pneus ! Comme tout est optimisé et que la résistance des pneus joué un rôle important, il est naturel d’avoir des pneus optimisés alliant bonne tenue de route et efficacité énergétique (ils sont spécialistes chez Michelin). C’est valable sur toutes les voitures mais en électrique l’impact est sur l’autonomie donc cela apparaît plus important à l’utilisateur. Dans une voiture électrique on appréhende la question énergétique différemment.

Là où cela devient intéressant c’est l’hiver : faut-il des pneus spécifiques qui augmenteront l’adhérence au détriment de l’autonomie ? Bien sûr un fabricant nordique (là-bas c’est vraiment utile) prétend avoir la solution miracle !

Rendez-vous au printemps pour le bilan de la saison hivernale.
https://transportevolved.com/2015/11/23/long-term-review-can-nokian-hakkapeliitta-r2-winter-tires-give-grip-and-good-economy/