« Qui » a tué la 1ère victime du véhicule autonome d’Uber ?

Un compte-rendu de l’accident Uber véhicule autonome a été publié. Il est très instructif et décrit les circonstances de l’accident. On y apprend qui a vraiment tué cette piétonne de 49 ans. 

Depuis lundi les débats font rage apres l’accident mortel d’un véhicule autonome Uber. Un fait devrait retenir toute notre attention : la victime de l’accident n’était pas à bord, comme presque toujours ! Nous sommes en train de reproduire les mêmes erreurs que depuis un siècle.

Ce compte-rendu est très instructif. Il décrit les circonstances de l’accident. Et on y apprend qui a vraiment tué cette piétonne de 49 ans.

1/ On y rappelle qu’Uber conduit ses tests à bord de monstres roulants de quasiment 2t (Volvo XC90), ce dont on peine à comprendre l’intérêt, tellement il est évident qu’en cas d’impact on maximise l’énergie cinétique, ce qui ne demande pas pour le comprendre d’avoir étudié au MIT.

2/ On y apprend que le véhicule roule en ville à 38 mph soit 61 km/h, en excès de vitesse. Comment un véhicule autonome peut-il être en excès de vitesse ? Parce qu’on lui a appris et permis ! Comment peut-on ignorer que rouler à 50 km/h en ville c’est déjà trop, La tendance est vers 30, alors pensez donc qu’à 61 km/h l’énergie cinétique du monstre d’acier (toujours elle) sera fatale, et le temps de réaction (d’un conducteur humain ou robot) très supérieur à ce qu’il faudrait.

3/ On y retrouve l’habituelle culpabilisation implicite de la victime, une piétonne avec un vélo à la main, « accusée » d’avoir « surgi de l’ombre » de manière perverse (c’est de sa faute, c’est comme pour les victimes de viol !). D’ailleurs on feint de s’étonner aussi que quelqu’un surgisse de l’ombre alors qu’il est 22h ! Sans blague ?

4/ Cerise sur le gâteau : le fameux « pilote d’essai » censé garantir la sécurité etait passablement distrait. Ce qui n’aurait probablement pas grand chose mais etait de toute façon parfaitement attendu : un large corpus de recherches a démontré depuis des décennies qu’un humain ne peut pas superviser et contrôler un système automatisé sur une longue durée (certainement pas plusieurs heures), même s’il s’agit d’un pilote d’essai dans l’aéronautique ou d’un cosmonaute. C’est un fait public !

5/ Les uns et les autres peuvent bien ergoter, y compris les media et le grand public, sur la sécurité de la techno véhicule autonome, les conditions de sa mise en œuvre. Tout ceci relève tout à la fois d’une vaste hypocrisie et de ce que les économistes et psychologues nomment le « biais de la victime identifiable ». Nous retiendrons cette mort plutot que les dizaines d’autres chaque jour aux US. Nous retiendrons que c’est de la faute du « véhicule autonome » et pas d’une voiture en surpoids, roulant trop vite, mal supervisée.

Cette fois-ci encore ce n’était peut-être pas le « véhicule autonome » qui était responsable de l’accident fatal. Mais certainement bien Uber. Plus précisément sa voiture, une Volvo (censée d’ailleurs éviter les accidents). Rien de bien neuf en somme…

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