La Poste parle de mobilité durable (1/2)

Le Groupe La Poste a mis en ligne un double Livre Blanc portant sur la démarche Véhicule Electrique du Groupe et sa vision des enjeux de la mobilité. Ces deux documents, publiés en mars, n’avaient pas fait l’objet d’une diffusion officielle. Ils sont cependant maintenant disponibles sur le site de La Poste.

Le premier document, « Les voix de la mobilité durable », revient sur la démarche de groupement de commande ayant abouti à la commande ferme de 22 000 véhicules électriques par des grands groupes, des collectivités publiques et l’Etat français.

Les Voix de la mobilité durable… électrique

Il s’agit de l’histoire du groupement de commande véhicules électrique, écrite par ceux qui l’ont faite, en donnant la parole à l’ensemble des acteurs politiques et techniques ayant contribué au projet. L’intérêt de ce document est de retrouver les jalons de l’histoire récente du véhicule électrique et de comprendre le positionnement d’acteurs aussi variés qu’un opérateur de téléphone (Orange), des énergéticiens (EDF et ERDF), de grands groupes utilisateurs des BTP (Vinci) ou des services (La Poste évidemment), enfin de l’Etat et des collectivités. Dans ce document la mobilité durable s’arrête surtout sur le véhicule électrique lui-même et son potentiel d’utilisation par des grands groupes ou des collectivités. Le document souligne les freins à l’usage du véhicule électrique dans des flottes et comment ils sont progressivement levés aujourd’hui

S’il faut prendre une nécessaire distance avec des témoignages et interventions qui ont bien sûr été méticuleusement sélectionnés, ils présentent l’intérêt de présenter ce que chacun de ces groupes et organismes veut afficher comme positionnement vis à vis de la mobilité. Cela va du green washing latent (qui n’est finalement que le signe d’une démarche balbutiante et immature) d’acteurs commandant quelques dizaines de véhicules mais ayant beaucoup à en dire, à une véritable démarche industrielle prenant en compte les impératifs stratégiques de l’entreprise et les besoins opérationnels, portée par de véritables experts (un groupe comme La Poste, bien que toujours tenté dans sa communication par la première approche, a résolument pris la voie de la seconde approche).

Quelques enseignements

Je retiens de cette histoire quelques enseignements pour les grands projets de mobilité.

Pour mobiliser une telle diversité d’acteurs, deux conditions ont été réunies. la première, c’était  une volonté politique ferme, incarnée par Jean-Louis Borloo dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, se traduisant par quelques aides d’Etat à l’achat de véhicules, mais surtout une légitimation du processus. Le rôle de l’Etat était de persuader les acteurs de s’engager et d’accorder une caution au projet assurant sa pérennité. En effet un achat de véhicules engage sur 10 ans quasiment. Ensuite un leader opérationnel, en la personne de Jean-Claude Bailly, président de La Poste, a permis de mobiliser des équipes techniques expérimentées en interne du groupe, qui ont réellement porté et animé la démarche pendant 2 ans. Au-delà de cet apport, Jean-Claude Bailly a surtout fait appel à son réseau de patrons de grands groupes pour les convaincre de rejoindre l’aventure.

Mélanger des acteurs publics et privés dans une même procédure, c’est un beau symbole, mais cela n’est tout de même pas très simple à renouveler. Tout d’abord la complexité juridique d’un montage associant des acteurs soumis au code des marchés publics et des acteurs privés ayant chacun leurs propres politiques d’achat a manqué de geler le projet. Ensuite la démarche a montré qu’avec un peu d’efforts, des grands groupes et des collectivités pouvaient avoir un cahier des charges unique (ce n’est pas ce qui se fait d’habitude). Mais il est clair qu’à l’avenir chacun reprendra ses habitudes. De plus certains métiers peuvent réellement avoir quelques besoins spécifiques. Enfin du point de vue de la gouvernance, c’est tout de même compliqué de travailler à 20, de maintenir le secret au long de toute une procédure d’achat selon le code des marchés publics, et de subir les pressions politiques contradictoires de 20 entités.

La suite dans l’article présentant le livre blanc Les Voies de la Mobilité Durable.

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