Leçon d’économie numérique appliquée au transport de personnes à la demande

Leçon d’économie numérique appliquée au transport de personnes à la demande

Pour prendre de la hauteur et mettre en perspective le conflit entre taxis, VTC, LOTI, État et entrepreneurs, il faut absolument lire Nicolas Colin qui s’adresse à M. Grandguillaume, médiateur du conflit qui a une petite tendance à se faire le VRP de Taxis G7.

Un taxi à Paris – Crédit : Flickr – « Carlos ZGZ »

Nicolas Colin donne une leçon d’économie numérique, de démocratie au XXIè siècle et de régulation de ces nouveaux marchés. Forcément cela fait un peu mal. Il y a un abîme entre la vision ouverte de Nicolas Colin, qui n’est pas ultra-libéral mais a le souci de traiter la question sociale et de créer une régulation adaptée, et les réponses sur la défensive de M. Grandguillaume.

https://twitter.com/nicolas_colin/status/698166343401607168

Il est bien possible que ce député ne soit pas aussi borné et rétrograde que ses prises de position publiques ne le suggèrent. Peut-être comprend-il bien la situation mais n’a-t-il pas les coudées franches. Il n’en demeure pas moins que Nicolas Colin pointe à juste titre le risque pour la légitimité des lois et l’action de l’Etat que fait courir la gestion désastreuse de ce dossier depuis quelques années.

https://medium.com/welcome-to-thefamily/lettre-ouverte-%C3%A0-lgrandguillaume-bf28dd6cb6f8#.xbxltpg5a

ÉDIT 15/02 – le député Grandguillaume réagit et justifie de son travail dans un post de blog. Pas grand-chose de nouveau, Lee s’il tente de faire valoir qu’il a une expérience de ces sujets et de la médiation. Sûrement le propre de ce type de missions sensibles est-il qu’on ne peut y faire valoir une vision très aboyeuse ou ouverte. Cela être bien frustrant vu comme sa mission donne jusqu’ici beaucoup de frustration dans l’écosystème.

Le problème de fond demeure : comment transformer les mobilités urbaines en s’appuyant sur le potentiel des innovations du transport à la demande. Ceci en créant une régulation et un cadre social compatibles avec nos valeurs et le bien commun (en notant au passage que la situation antérieure des taxis ne mérite pas d’être « idéalisée »).

http://www.grandguillaume.net/2016/02/la-mission-possible-taxis-vtc-loti-et-plateformes-numeriques.html

Et si la « chasse au LOTI » conduisait à un #transport individuel optimisé ?

On peut reprocher plein de choses aux plateformes de VTC, mais ils savent faire preuve d’ingéniosité et de réactivité pour survivre à la traque incessante dont ils font l’objet.
Dans la guerre sans merci qui oppose les deux lobbies, celui de G7-Taxis Bleus (inutile d’y voir les conducteurs de taxi là-dedans, qui sont manipulés pour l’essentiel) et celui des VTC + Uber (ce dernier est à part par son profil, son approche, ses moyens), les VTC répondent sans ceux à de nouvelles contraintes par des détournements de la loi parfois, et une créativité toujours. Par exemple dans l’emploi des chauffeurs « Loti » qui ont le droit de transporter de 2 à 0 personnes seulement.
On entre en plein dans le monde kafkaïen de l’administration française où tout est pesé et soupesé, où les cheveux sont coupés en 4. Cela fait vivre beaucoup de monde ! Et dans ce monde il y a une catégorie bizarre dédiée à des transports publics et non individuels. Soit net il fait leur interdire de prendre un seul passager. Soit.
La mort des plateformes VTC qui font appel à des milliers d’entre eux ? Possible. Direction l’ANPE pour ces quelques milliers de chauffeurs ? Encore plus sûrement. Sauf si…
Sauf si Uber &co profitent de cette contrainte nouvelle pour tirer profit à plein du statut particulier des « Loti » en assurant qu’ils prennent toujours plusieurs personnes. Ce n’est pas totalement infaisable puisqu’UberPOOL le propose déjà. Cela pourrait être étendu par Uber et les autres. Proposer des courses partagées en masse. Ce qui augmentera les capacités et diminuera les coûts par course. Et provoquera inévitablement un nouveau mécontentement des taxis ! Taxis qui ont pourtant toutes les cartes en main, et ce depuis longtemps, pour proposer ces innovations…
La contrainte pourrait bien pousser plusieurs VTC à envisager sérieusement ce modèle et à se donner les moyens de l’organiser. Et developper ainsi un peu plus un transport individuel réellement moderne et efficace pour notre temps : hautement disponible, à coût accessible, très capacitaire et mutualisé. Wait & see !
http://www.liberation.fr/france/2016/01/29/la-chasse-au-loti-la-vraie-victoire-des-taxis-contre-les-vtc_1429963

L’étroite voie de la sortie de crise des #taxis

Excellent résumé de la situation sur le marché du transport individuel de personnes. Situation ancienne figée par les chauffeurs de taxis eux-mêmes. Situation de licences hors de prix acceptée par les taxis (certains finançant leur retraite avec, en exploitant leurs jeunes confrères) et surtout quelques spéculateurs avisés (qui j’imagine voient d’un mauvais œil ces « entrepreneurs barbares » !).

Oui les chauffeurs de taxis, pour une grande partie d’entre eux, subissent en bout de chaîne l’incurie, la faiblesse et le manque de vision accumulés sur plusieurs décennies par la profession et les pouvoirs publics. Il nous faut donc une solution qui lèse au minimum les finances de l’Etat, permette une reconversion digne aux chauffeurs qui se sont fait arnaquer, qui inflige des pertes aux spéculateurs qui sont responsables de la situation (cela m’étonnerait que cela arrive), qui stimule l’innovation au profit de tous.
C’est la seule voie de sortie de crise, et elle est manifestement très étroite. Sinon ce sera l’implosion du système et je doute que cela soit un résultat gagnant-gagnant hormis pour quelques rares acteurs (suivez mon regard).

Taxis : le crépuscule d’un monopole

Taxis, ne sombrez pas dans le côté obscur !

Taxis, ne sombrez pas dans le côté obscur !

JE SUIS un petit groupe d’extrémistes prônant l’intimidation, l’injure et la violence physique contre les biens et les personnes, afin de parvenir à mes fins. 

  
JE SUIS une association de fait s’organisant en milice pour effectuer des « vérifications » sur la voie publique. 

  
JE SUIS un groupe n’hésitant aucunement à utiliser la violence verbale et physique, l’intimidation, la dégradation de biens matériels et d’outils de travail, dont plusieurs de mes membres ont déjà été condamnés pour ces faits.   

JE SUIS un groupe appelant à des manifestations illégales et même pas déclarées dont l’objet principal est le trouble à l’ordre public et l’intimidation de mes « adversaires », ceci en période d’Etat d’Urgence où la plupart des manifestations ont été interdites par des arrêtés préfectoraux. 

 JE SUIS organisé en association de fait par-delà la représentation syndicale de notre profession. Ayant pour but objectif la déstabilisation de l’Etat de Droit, et du fait de mes antécédents de violence et de graves troubles à l’ordre public, je devrais manifestement tomber sous le coup de la loi du 10 janvier 1936 sur la dissolution des groupements et associations de fait, comme ce fut le cas pour les ligues d’extrême droite de l’époque.

JE SUIS un groupe conservateur prônant la préservation d’un système hérité de la monarchie où l’achat de « charges » permet à quelques-uns (chauffeurs ou « investisseurs ») de s’enrichir et assurer leur domination sur les autres (de nombreux chauffeurs ne possèdent pas leur licence). Ceci alors même que ledit système de licences avec numerus clausus n’était pas censé servir d’outil de spéculation. 

JE SUIS un groupe manipulé, si ce n’est allié objectif, par ceux-là même qui portent une responsabilité importante dans le verrouillage de la profession, son absence d’ouverture, son système de licences hors de prix pour exploiter et contrôler les chauffeurs. Je suis manipulé par 2 sociétés de radio-taxi contrôlant 80% du marché parisien et ayant un unique propriétaire. Ces 2 plateformes n’ayant rien à envier à Uber par leurs pratiques : G7 et Taxis Bleus. 

JE SUIS un groupe mafieux car par mes méthodes, mon organisation, mes liens avec les milieux politiques et la vie sociale, avec mes règles internes et les objectifs que je me donne, je réponds positivement aux six critères d’un « système mafieux » tel que définis par la justice italienne (qui s’y connaît en la matière !). 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mafia

 

La pieuvre de la mafia
 
JE SUIS la lie de ma profession par mon comportement sectaire, désagréable et non professionnel avec les clients, rétif à toute évolution du métier ou innovation qui puisse assurer la pérennité de long terme de la filière. Sans vouloir le reconnaître je fait partie de ceux qui ont favorisé l’émergence d’offres de substitution qui aujourd’hui déstabilisent le marché des taxis. 

JE SUIS autorisé à remettre le couvert demain mardi 26 janvier 2016, avec l’aval du Ministère de l’Intérieur, alors que de nombreuses manifestations ont été interdites depuis le 13 novembre dernier et l’entrée en vigueur de l’Etat d’Urgence, en particulier des manifestations pacifiques dans le cadre de la COP 21. Ceci malgré l’historique de violences lors des précédentes manifestations, qui ont fait les gros titres de la presse internationale, choqué nos partenaires dans les pays développés, dégradé l’image de la France comme première destination touristique au monde et comme pays sûr, ébranlé l’Etat de Droit et la crédibilité de ce gouvernement. 

Aucun autre groupe, dans l’Histoire récente ne pourrait se permettre tout cela. JE SUIS, JE SUIS…

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/les-taxis-s-en-prennent-a-uber-a-tort-ou-a-raison-517644.html

JE NE SUIS PAS les brigades rouges ou « les antifas ». 

JE NE SUIS PAS un groupuscule d’extrême droite type Bloc Identitaire, Jeunesses Nationalistes ou Œuvre Française. 

Et non, JE NE SUIS PAS « LES TAXIS ». Il y a quantité de taxis raisonnables, ayant le souci du client, et non violents. Des chauffeurs de taxi inquiets à juste titre de l’évolution de leur profession, qui déplorent l’absence d’attention au client qui a longtemps prévalu, principalement au centre des grandes villes (j’ai rencontré tant d’artisans-taxi en banlieue et dans des villes moyennes qui ont une vraie attention au client et un vrai professionnalisme). 

Ami taxi, ne cède pas au côté obscur. Il y a tant d’autres façons d’assurer ton avenir sur le marché du transport de personnes individualisé qui ne fait que croître, toi qui est un professionnel expérimenté. 

Il est absolument certain que la violence ne t’apportera aucun nouveau client ni aucune perspective nouvelle. 

Conséquences de la reconnaissance des chauffeurs comme quasi-salariés des plateformes

Et ce n’est pas Uber qui en subit le premier les conséquences, mais bien une compagnie de taxis à San Francisco. Comme d’autres avant elle aux Etats-Unis, dans un contexte tendu par la concurrence des nouvelles plateformes, cette compagnie de taxis a déposé le bilan (chapitre 11 US) en raison de sa condamnation par un tribunal qui l’a jugée responsable des conséquences d’un accident provoqué par l’un de ses chauffeurs « indépendants ». Celui-ci a été considéré comme un employé de fait par la justice. Entraînant une lourde indemnité financière au bénéfice de la victime de cet accident (le client).

Cette compagnie est victime d’un raisonnement habituellement appliqué aux chauffeurs Uber ou Lyft : leurs chauffeurs « indépendants » (par le statut) ont un lien de subordination et une dépendance suffisants pour les assimiler à des salariés de fait, avec toutes les conséquences sociales et de responsabilité de l’entreprise que cela peut entraîner. Hors de nombreuses compagnies de taxis, aux US comme en France (en particulier G7 ou Taxis Bleus) ont un mode de fonctionnement très similaire.

La double ironie du sort pour les compagnies de taxis, c’est qu’elles sont non seulement victimes du statut de quasi-salariés de leurs chauffeurs indépendants (ce qu’ils reprochent à Uber et Lyft donc) mais aussi d’une couverture assura ruelle insuffisante, ce qu’ils reprochent aussi habituellement à Uber et consorts. En effet la compagnie de San Francisco avait une couverture pour 1M€ de dommages mais a été condamnée à 8M€, l’avocat du plaignant jugeant que la compagnie était « notablement sous-assurée » !

Dur, dur…

http://m.sfgate.com/business/article/S-F-Yellow-Cab-may-file-for-bankruptcy-6741243.php

Et si Transdev faisait passer le front anti-Uber par la France ?

En France nous aurions certainement parlé d’un front républicain (après tout Uber a été condamné en appel hier au sujet d’UberPOP, à l’initiative de Transdev entre autres).
Face à l’ogre Uber ses concurrents locaux à travers le monde forment une alliance de moyens (financiers, expérience, technique) et surtout d’interopérabilité.
Vous pourrez aller partout avec votre appli / compte Lyft (US). Partout, mais pas en Europe.

Et cela doit poser question. Il y a un marché dynamique dans plusieurs pays européens (en France plusieurs acteurs concurrents d’Uber). Mais un marché très fragmenté avec des régulations très incertaines, et finalement aucun leader européen ne se détachant face à Uber.
Ce triste constat – une alliance mondiale ignore l’Europe – est aussi le résultat de notre politique d’innovation et de ses carences. De notre incapacité trop souvent (mais pas toujours) de faire émerger des champions européens de manière ouverte.

L’un des arguments de l’alliance pourrait être sa capacité à s’adapter au contexte local, avec des acteurs locaux, maîtrisant les codes culturels, sociaux et politiques. Et pouvant adapter les modes de transport. L’échec d’Uber peut aussi se lire comme un échec à maîtriser les codes du business en France, la manière de faire le lobbying, d’utiliser le système judiciaire, de parler aux clients.

Finalement je connais au moins un acteur qui pourrait rejoindre l’alliance mondiale anti-Uber mais pour la mobilité on-demand : c’est Transdev, qui fait du VTC en France, sait travailler avec des acteurs publics et est présent dans plusieurs pays.

Transdev est-il prêt à s’allier à Lyft, Ola et Didi dans un front républicain anti-Uber ? 🙂
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/12/07/32001-20151207ARTFIG00303-une-alliance-mondiale-se-forme-pour-contrer-uber.php