Les Grands Travaux d’Anne Hildago

Les Grands Travaux d’Anne Hildago
A l’occasion du Forum Smart Cities Grand Paris, Anne Hidalgo, Maire de Paris et Présidente en date du C40 a accordé un long entretien à la Tribune. Elle y fait un tour d’horizon assez exhaustif des enjeux et des défis de la Métropole. Il en ressort quatre axes structurants.

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La ville, la voiture et le MaaS

La ville, la voiture et le MaaS

Expérimenter la vie sans voiture, y compris en famille. Aux yeux du Figaro, un véritable défi, et difficile de leur donner tort tant la réalité des déplacements du quotidien suggère la quasi-impossibilité pour une famille avec enfants de se passer d’au moins une voiture au sein du foyer. 

Certes à Paris la majorité des ménages n’a plus de voiture, maison y trouve beaucoup de célibataires, de couples sans enfants, et la facilité de tout faire ou presque à pied ou en métro explique aisément ce fait en si complet décalage avec le reste de la France. 


Le Figaro relate ces expériences « un mois sans voiture », à Marseille et Paris certes, mais on pourrait citer quantité d’autres villes (y compris Cerg- Pontoise où j’habite) qui la proposent depuis des années. En échange on vous donne accès aux transports en commun, aux vélos en libre-service, à l’autopartage, et à une forme de coaching. Cela fonctionne bien, mais surtout avec des publics déjà intéressés par le concept et prêts à « essayer », il faut bien le reconnaître.


Un cran plus loin mais dans la même veine, Ubigo a inauguré le concept de MaaS (Mobility as a Service) à Göteborg : remplacer la voiture individuelle est l’objectif (pour s’affranchir du coût fixe qu’elle représente qui incite à toujours privilégier « rationnellement » ce mode, autant que possible), il faut proposer une expérience unifiée, au moins aussi fluide, efficace et fiable en combinant toutes les offres disponibles sur un territoire, avec une seule appli et un seul système de facturation. Cette approche est devenue un véritable « buzz-word » dans le milieu des transports, avec des attentes excessives pour en faire la solution à tous les problèmes, en particulier en l’accélérant avec le véhicule autonome. 

Pour aller plus loin

Au sein du Lab OuiShare x Chronos nous avons publié un panorama de ces solutions MaaS et de leurs modèles

Et nous avons lancé une exploration prospective, Mobility as Networks, qui va plus loin en faisant le lien entre le projet politique, le territoire, les solutions et La question des données. 

N’hésitez pas à me contacter pour en savoir plus !

Une vérité difficile sur la voiture en ville

Une vérité difficile sur la voiture en ville

« La voiture individuelle (l’autosolisme) n’a pas sa place en ville, tout comme les piétons et les vélos n’ont pas leur place sur l’autoroute »

Yves Crozet (économiste) nous rappelle dans sa tribune quelques évidences qu’il est nécessaire de rappeler parce que nous cherchons à ignorer ce qui est sous nos yeux :

  • Toute la digitalisation des transports, et Mobility as a Service (MaaS), est fort bien et apportera plein de choses mais ne transformera pas seule nos mobilités ;
  • Dans les villes les transports publics de massse forment l’ossature inévitable de tout réseau de transport performant. La voiture individuelle (autonome ou non) étant un gâchis de place non soutenable ;
  • La digitalisation porte beaucoup sur les voitures. Si un meilleur remplissage des voitures et un meilleur partage (pour en réduire le nombre) sont souhaitables, ils ne sont pas suffisants ;
  • En centre-ville la solution est connue depuis longtemps mais politiquement difficilement soutenable : La voiture individuelle (l’autosolisme) n’a pas sa place, tout comme les piétons et les vélos n’ont pas leur place sur l’autoroute ;
  • Toutes les villes sont donc confrontées à un équilibre à trouver entre coercition (le bâton) et soutien à l’innovation numérique (la carotte), et elles doivent le faire à l’échelle du bassin de vie, pas uniquement les limites administratives pour ne pas exclure une partie de la population par des dispositifs trop coercitifs ou des innovations inaccessibles. 

Qui gagnera la bataille de l’espace public ? La ville à l’épreuve du « vélo à la demande »

Qui gagnera la bataille de l’espace public ?   La ville à l’épreuve du « vélo à la demande »

L’avenir de la ville sera le vélo ou ne sera pas. En tout cas, c’est l’impression que j’ai eue en passant deux jours sur le salon Autonomy. Alors que l’année précédente j’étais repartie en pensant que nous allions tous rouler en véhicules autonomes dès le lendemain, pour cette deuxième édition du salon Autonomy, je n’arrête pas de me demander – sûrement chassés par des hardes de vélos – où ils sont passés. Plus de navette autonome ou de drone passager, même si j’en ai entendu parler. Pendant ces deux jours, il m’a semblé n’avoir vu que des vélos, n’avoir parlé que vélos et n’avoir entendu que vélos, de préférence électriques, et plus particulièrement sous forme servicielle.

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Stands OFO et Indigo Wheels au Salon Autonony (crédit: Julie Braka)

 

C’est peut-être un peu exagéré, mais objectivement 50 % des stands et des espaces du salon étaient dédiés au vélo et celui-ci tenait une place significative dans les discussions lors des nombreuses conférences. À l’heure où Paris s’apprête à changer son opérateur historique de vélos en libre-service (VLS) avec lequel elle avait ouvert la voie à ce type de service de mobilité pour de nombreuses villes et capitales du monde entier, on a la sensation de se retrouver au temps des pionniers et d’être le témoin d’une ruée vers l’or, où le premier en place s’accaparera le filon du vélo en libre-service (pour autant qu’il existe), sans se soucier des externalités négatives qu’il pourrait engendrer. Lire la suite « Qui gagnera la bataille de l’espace public ? La ville à l’épreuve du « vélo à la demande » »

Un téléphérique urbain bientôt à Paris

Un téléphérique urbain bientôt à Paris

Beaucoup de parisiens sont déjà habitués à ce mode de transport. Même le quinquagénaire le plus accroché à son SUV (la ville est une jungle, vous savez) pourrait y trouver du charme.
En effet tous ceux qui ont eu la chance d’un séjour en montagne ont expérimenté les télécabines ou le téléphérique.

Le marché du téléphérique de montagne est plutôt mature en Europe. Heureusement les leaders du secteurs (plutôt autrichiens, mais on trouve un français) ont pensé à de nouveaux débouchés, façon « océan bleu » : le transport en commun de l’impossible.
http://www.mobilite-durable.org/innover-pour-demain/villes-durables/le-telepherique-urbain-decolle.html?utm_content=buffer30af3&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

Qui a anticipé le rôle des véhicules autonomes pour nos villes ?

Aux Etats-Unis aucune ville n’a intégré les véhicules autonomes à sa vision de long terme (20 ans). En revanche elles ont intégré la problématique et travaillent activement le sujet.
Qu’en est-il des 5-10 plus grandes métropoles françaises ? En particulier de la région Île de France ?

Le sujet est d’importance : faut-il augmenter la capacité des routes comme le souhaite Valérie Pécresse en Ile de France dans son programme ? Alors que cela pourrait être rendu obsolète si ces nouveaux véhicules augmentent la capacité des routes sans investissement additionnel en infrastructure. En revanche la maintenance des routes est importante.

Comment anticiper l’étalement urbain (additionnel) qui pourrait être engendré dès 2020 par des véhicules grand public arrivés sur le marché qui seront autonomes sur autoroute ?

Quelles mutations du système de transport ?

Au salon mondial ITS de Bordeaux en octobre, où les véhicules autonomes étaient les stars, ce sujet a été très peu ou pas abordé. Son importance est pourtant fondamentale : comment la ville s’adapte aux véhicules autonomes ? Comment les met-elle à son service ?

Avez-vous connaissance des réflexions, initiatives et recherches actuellement menées par les territoires sur ces sujets ? Il n’est pas trop tard…

http://www.citylab.com/cityfixer/2015/12/why-arent-urban-planners-ready-for-driverless-cars/419346/

Uber s’attaque sérieusement aux transports

Ce n’est pas le premier signe ou le premier essai qu’Uber se conçoit comme bien plus qu’un service VTC mais plutôt comme celui qui videra les villes de voitures que vous conduisez vous-même (pour y mettre leurs voitures).

En ajoutant ces 2 services dédiés aux transports du quotidien Uber offre du covoiturage dynamique mais massifié (seule condition de succès) et du transport professionnel groupé à bas coût avec des « lignes virtuelles ». Ils ont la masse critique d’utilisateurs pour le faire.

Rassurez-vous toutefois la France ne devrait pas être concernée de suite 😦

Le potentiel lié à des transports du quotidien flexibles est énorme aussi bien là où il n’y a pas de transports en commun que là où il faut étendre le réseau par d’autres moyens.
http://venturebeat.com/2015/12/08/uber-is-testing-a-new-commuter-transit-service-in-seattle-and-chicago/