Uber sera-t-il encore là dans 3 ans ?

Uber sera-t-il encore là dans 3 ans ?

Quand je lu le titre accrocheur de cet article, je me suis dit : « enfin quelqu’un qui va proposer une démonstration convaincante ». La lecture fut un peu décevante, voici donc comment j’aurais soutenu ce point de vue. Lire la suite « Uber sera-t-il encore là dans 3 ans ? »

Taxis, ne sombrez pas dans le côté obscur !

Taxis, ne sombrez pas dans le côté obscur !

JE SUIS un petit groupe d’extrémistes prônant l’intimidation, l’injure et la violence physique contre les biens et les personnes, afin de parvenir à mes fins. 

  
JE SUIS une association de fait s’organisant en milice pour effectuer des « vérifications » sur la voie publique. 

  
JE SUIS un groupe n’hésitant aucunement à utiliser la violence verbale et physique, l’intimidation, la dégradation de biens matériels et d’outils de travail, dont plusieurs de mes membres ont déjà été condamnés pour ces faits.   

JE SUIS un groupe appelant à des manifestations illégales et même pas déclarées dont l’objet principal est le trouble à l’ordre public et l’intimidation de mes « adversaires », ceci en période d’Etat d’Urgence où la plupart des manifestations ont été interdites par des arrêtés préfectoraux. 

 JE SUIS organisé en association de fait par-delà la représentation syndicale de notre profession. Ayant pour but objectif la déstabilisation de l’Etat de Droit, et du fait de mes antécédents de violence et de graves troubles à l’ordre public, je devrais manifestement tomber sous le coup de la loi du 10 janvier 1936 sur la dissolution des groupements et associations de fait, comme ce fut le cas pour les ligues d’extrême droite de l’époque.

JE SUIS un groupe conservateur prônant la préservation d’un système hérité de la monarchie où l’achat de « charges » permet à quelques-uns (chauffeurs ou « investisseurs ») de s’enrichir et assurer leur domination sur les autres (de nombreux chauffeurs ne possèdent pas leur licence). Ceci alors même que ledit système de licences avec numerus clausus n’était pas censé servir d’outil de spéculation. 

JE SUIS un groupe manipulé, si ce n’est allié objectif, par ceux-là même qui portent une responsabilité importante dans le verrouillage de la profession, son absence d’ouverture, son système de licences hors de prix pour exploiter et contrôler les chauffeurs. Je suis manipulé par 2 sociétés de radio-taxi contrôlant 80% du marché parisien et ayant un unique propriétaire. Ces 2 plateformes n’ayant rien à envier à Uber par leurs pratiques : G7 et Taxis Bleus. 

JE SUIS un groupe mafieux car par mes méthodes, mon organisation, mes liens avec les milieux politiques et la vie sociale, avec mes règles internes et les objectifs que je me donne, je réponds positivement aux six critères d’un « système mafieux » tel que définis par la justice italienne (qui s’y connaît en la matière !). 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mafia

 

La pieuvre de la mafia
 
JE SUIS la lie de ma profession par mon comportement sectaire, désagréable et non professionnel avec les clients, rétif à toute évolution du métier ou innovation qui puisse assurer la pérennité de long terme de la filière. Sans vouloir le reconnaître je fait partie de ceux qui ont favorisé l’émergence d’offres de substitution qui aujourd’hui déstabilisent le marché des taxis. 

JE SUIS autorisé à remettre le couvert demain mardi 26 janvier 2016, avec l’aval du Ministère de l’Intérieur, alors que de nombreuses manifestations ont été interdites depuis le 13 novembre dernier et l’entrée en vigueur de l’Etat d’Urgence, en particulier des manifestations pacifiques dans le cadre de la COP 21. Ceci malgré l’historique de violences lors des précédentes manifestations, qui ont fait les gros titres de la presse internationale, choqué nos partenaires dans les pays développés, dégradé l’image de la France comme première destination touristique au monde et comme pays sûr, ébranlé l’Etat de Droit et la crédibilité de ce gouvernement. 

Aucun autre groupe, dans l’Histoire récente ne pourrait se permettre tout cela. JE SUIS, JE SUIS…

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/les-taxis-s-en-prennent-a-uber-a-tort-ou-a-raison-517644.html

JE NE SUIS PAS les brigades rouges ou « les antifas ». 

JE NE SUIS PAS un groupuscule d’extrême droite type Bloc Identitaire, Jeunesses Nationalistes ou Œuvre Française. 

Et non, JE NE SUIS PAS « LES TAXIS ». Il y a quantité de taxis raisonnables, ayant le souci du client, et non violents. Des chauffeurs de taxi inquiets à juste titre de l’évolution de leur profession, qui déplorent l’absence d’attention au client qui a longtemps prévalu, principalement au centre des grandes villes (j’ai rencontré tant d’artisans-taxi en banlieue et dans des villes moyennes qui ont une vraie attention au client et un vrai professionnalisme). 

Ami taxi, ne cède pas au côté obscur. Il y a tant d’autres façons d’assurer ton avenir sur le marché du transport de personnes individualisé qui ne fait que croître, toi qui est un professionnel expérimenté. 

Il est absolument certain que la violence ne t’apportera aucun nouveau client ni aucune perspective nouvelle. 

Pourquoi #Uber « perd » beaucoup d’argent

1 milliard de pertes en 6 mois. C’est une façon de voir les choses. Révélatrice d’une mauvaise compréhension de la logique d’investissement d’une Startup en forte croissance comme Uber.
Si Uber devait être rentable, il ne lèverait pas milliard sur milliard pour assurer son developpement mais l’auto-financerait sur fonds propres ou avec de la dette.

Imaginez qu’Uber lève des milliards pour ne pas s’en servir. Pensez-vous vraiment que de investisseurs seraient contents ? Du tout…
Uber investit dans son developpement mondial accéléré, dans de nouveaux pays et villes. Et il le fait efficacement pour l’essentiel.

Le problème s’il y en a un, ou l’anomalie, n’est pas là. Le problème éventuel est dans l’utilisation de cet argent, notamment pour financer une guerre des prix (vente à perte) déloyale pour les concurrents et chauffeurs de taxi, en particulier aux US. Là est le vrai problème.
http://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2016/01/13/les-pertes-duber-se-creusent-un-milliard-de-dollars-en-six-mois/

Le statut des chauffeurs Uber inscrit dans la loi

Aux US plusieurs États, à l’initiative d’Uber et Lyft, sont en train d’inscrire dans la loi le statut des chauffeurs opérant pour ces compagnies : celui de contractuels indépendants.

Ce genre d’approche du droit social est commune en Europe mais très rare aux Etats-Unis où ce sont plutôt les jurisprudences qui finissent par définir le statut social des uns et des autres. Uber étant attaqué en Californie par certains chauffeurs réclamant le statut de salarié, ils ont donc pris les devants dans d’autres États.

La complexité du débat vient de ce que les chauffeurs ne sont pas entièrement des salariés et ne souhaitent pas forcément le devenir, notamment ceux qui n’exercent pas cette activité à temps plein et ceux qui l’exercent de manière irrégulière et / ou sur plusieurs plateformes. Toutefois le statut d’indépendant pose problème en termes de couverture sociale. C’est très vrai aux Etats-Unis (aucune cotisation / couverture obligatoire) et assez vrai en France où la couverture est moindre et surtout il n’y a pas de protection face à une décision de la plateforme de se séparer de son chauffeur.

Ce qu’on peut regretter c’est que l’initiative d’Uber d’obtenir une régulation allant entièrement dans le sens du statut indépendant ne permette pas de régler la question des droits des chauffeurs utilisant la plateforme. Les plateformes elles-mêmes sauront-elles traiter le problème ? Lyft s’y est engagé timidement, mais rien de significatif ne se passera tant que l’offre de chauffeurs dépassera la demande des plateformes.

http://m.stltoday.com/business/local/states-pass-laws-backing-uber-s-view-of-drivers-as/article_0bee4a3c-fa63-51dc-9cbb-fefacbdf6c5a.html

Comment #Uber veut sauver le monde

Uber est un remède post-crise pour les ménages qui ont perdu des revenus. Uber est un ascenseur social. Uber va régler le problème de la circulation en ville, et probablement par effet collatéral celui de la pollution aussi. Uber va redéfinir le travail.
Tout ceci selon M. Plouffe, le lobbyiste en chef d’Uber, lors d’un entretien donné le mois dernier !
http://dcinno.streetwise.co/2015/11/03/ubers-david-plouffe-on-sharing-economy-economic-future/
Tout ceci peut sembler légèrement surévalué ou biaisé mais il est utile de plonger dans l’argumentation et la vision sous-jacente. Les 2 points mis en avant par Uber depuis quelques mois sont : Uber est une solution pour les villes, et une solution pour compléter les revenus des individus. Une solution plutôt qu’un problème, qui mérite une régulation adaptée et relativement flexible, en substance. C’est à chaque fois une question de perspective.

Uber met l’accent sur la réduction de la congestion et la desserte de territoires pauvres du point de vue transport (pauvres tout court aussi), à un coût sans cesse décroissant. On attend de voir des solutions Uber en rural et périurbain. Ce ne sera pas en France vu la réglementation mais dans d’autres pays possiblement.

Sur l’évolution du travail c’est plus complexe. Uber généralise une forme de travail existante mais jusqu’ici minoritaire : l’indépendant dépendant dépendant d’une plateforme (c’est déjà le cas de beaucoup de taxis toutefois, notamment à Paris avec G7 / Taxis Bleus). Trouver un modèle social adapté, qui soit entre le salariat et l’indépendant classique est un sujet en soi qui soulèvera beaucoup de résistances on s’en doute. C’est pourquoi Uber met l’accent sur l’activité de chauffeur occasionnel pour compléter ses revenus. Ce n’est pas majoritaire pour lui (surtout en volume de courses) mais en developpement fort. Le modèle social semble moins problématique dans la mesure où c’est un complément de revenus mais cela pose deux grandes questions : 1. La concurrence avec les autres modèles sociaux, notamment ceux des chauffeurs à temps plein (on retrouve le problème avec l’auto-entrepreneuriat en général). 2. Une société où l’on ait besoin de plusieurs activités professionnelles pour vivre est-elle acceptable ? Sur ce dernier point on peut déjà noter que ni Uber ni les autres ne sont responsables de cette demande existante après presque une décennie de grave crise mondialisée.

Uber s’attaque sérieusement aux transports

Ce n’est pas le premier signe ou le premier essai qu’Uber se conçoit comme bien plus qu’un service VTC mais plutôt comme celui qui videra les villes de voitures que vous conduisez vous-même (pour y mettre leurs voitures).

En ajoutant ces 2 services dédiés aux transports du quotidien Uber offre du covoiturage dynamique mais massifié (seule condition de succès) et du transport professionnel groupé à bas coût avec des « lignes virtuelles ». Ils ont la masse critique d’utilisateurs pour le faire.

Rassurez-vous toutefois la France ne devrait pas être concernée de suite 😦

Le potentiel lié à des transports du quotidien flexibles est énorme aussi bien là où il n’y a pas de transports en commun que là où il faut étendre le réseau par d’autres moyens.
http://venturebeat.com/2015/12/08/uber-is-testing-a-new-commuter-transit-service-in-seattle-and-chicago/

Et si Transdev faisait passer le front anti-Uber par la France ?

En France nous aurions certainement parlé d’un front républicain (après tout Uber a été condamné en appel hier au sujet d’UberPOP, à l’initiative de Transdev entre autres).
Face à l’ogre Uber ses concurrents locaux à travers le monde forment une alliance de moyens (financiers, expérience, technique) et surtout d’interopérabilité.
Vous pourrez aller partout avec votre appli / compte Lyft (US). Partout, mais pas en Europe.

Et cela doit poser question. Il y a un marché dynamique dans plusieurs pays européens (en France plusieurs acteurs concurrents d’Uber). Mais un marché très fragmenté avec des régulations très incertaines, et finalement aucun leader européen ne se détachant face à Uber.
Ce triste constat – une alliance mondiale ignore l’Europe – est aussi le résultat de notre politique d’innovation et de ses carences. De notre incapacité trop souvent (mais pas toujours) de faire émerger des champions européens de manière ouverte.

L’un des arguments de l’alliance pourrait être sa capacité à s’adapter au contexte local, avec des acteurs locaux, maîtrisant les codes culturels, sociaux et politiques. Et pouvant adapter les modes de transport. L’échec d’Uber peut aussi se lire comme un échec à maîtriser les codes du business en France, la manière de faire le lobbying, d’utiliser le système judiciaire, de parler aux clients.

Finalement je connais au moins un acteur qui pourrait rejoindre l’alliance mondiale anti-Uber mais pour la mobilité on-demand : c’est Transdev, qui fait du VTC en France, sait travailler avec des acteurs publics et est présent dans plusieurs pays.

Transdev est-il prêt à s’allier à Lyft, Ola et Didi dans un front républicain anti-Uber ? 🙂
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/12/07/32001-20151207ARTFIG00303-une-alliance-mondiale-se-forme-pour-contrer-uber.php