Le statut des chauffeurs Uber inscrit dans la loi

Aux US plusieurs États, à l’initiative d’Uber et Lyft, sont en train d’inscrire dans la loi le statut des chauffeurs opérant pour ces compagnies : celui de contractuels indépendants.

Ce genre d’approche du droit social est commune en Europe mais très rare aux Etats-Unis où ce sont plutôt les jurisprudences qui finissent par définir le statut social des uns et des autres. Uber étant attaqué en Californie par certains chauffeurs réclamant le statut de salarié, ils ont donc pris les devants dans d’autres États.

La complexité du débat vient de ce que les chauffeurs ne sont pas entièrement des salariés et ne souhaitent pas forcément le devenir, notamment ceux qui n’exercent pas cette activité à temps plein et ceux qui l’exercent de manière irrégulière et / ou sur plusieurs plateformes. Toutefois le statut d’indépendant pose problème en termes de couverture sociale. C’est très vrai aux Etats-Unis (aucune cotisation / couverture obligatoire) et assez vrai en France où la couverture est moindre et surtout il n’y a pas de protection face à une décision de la plateforme de se séparer de son chauffeur.

Ce qu’on peut regretter c’est que l’initiative d’Uber d’obtenir une régulation allant entièrement dans le sens du statut indépendant ne permette pas de régler la question des droits des chauffeurs utilisant la plateforme. Les plateformes elles-mêmes sauront-elles traiter le problème ? Lyft s’y est engagé timidement, mais rien de significatif ne se passera tant que l’offre de chauffeurs dépassera la demande des plateformes.

http://m.stltoday.com/business/local/states-pass-laws-backing-uber-s-view-of-drivers-as/article_0bee4a3c-fa63-51dc-9cbb-fefacbdf6c5a.html

Comment #Uber veut sauver le monde

Uber est un remède post-crise pour les ménages qui ont perdu des revenus. Uber est un ascenseur social. Uber va régler le problème de la circulation en ville, et probablement par effet collatéral celui de la pollution aussi. Uber va redéfinir le travail.
Tout ceci selon M. Plouffe, le lobbyiste en chef d’Uber, lors d’un entretien donné le mois dernier !
http://dcinno.streetwise.co/2015/11/03/ubers-david-plouffe-on-sharing-economy-economic-future/
Tout ceci peut sembler légèrement surévalué ou biaisé mais il est utile de plonger dans l’argumentation et la vision sous-jacente. Les 2 points mis en avant par Uber depuis quelques mois sont : Uber est une solution pour les villes, et une solution pour compléter les revenus des individus. Une solution plutôt qu’un problème, qui mérite une régulation adaptée et relativement flexible, en substance. C’est à chaque fois une question de perspective.

Uber met l’accent sur la réduction de la congestion et la desserte de territoires pauvres du point de vue transport (pauvres tout court aussi), à un coût sans cesse décroissant. On attend de voir des solutions Uber en rural et périurbain. Ce ne sera pas en France vu la réglementation mais dans d’autres pays possiblement.

Sur l’évolution du travail c’est plus complexe. Uber généralise une forme de travail existante mais jusqu’ici minoritaire : l’indépendant dépendant dépendant d’une plateforme (c’est déjà le cas de beaucoup de taxis toutefois, notamment à Paris avec G7 / Taxis Bleus). Trouver un modèle social adapté, qui soit entre le salariat et l’indépendant classique est un sujet en soi qui soulèvera beaucoup de résistances on s’en doute. C’est pourquoi Uber met l’accent sur l’activité de chauffeur occasionnel pour compléter ses revenus. Ce n’est pas majoritaire pour lui (surtout en volume de courses) mais en developpement fort. Le modèle social semble moins problématique dans la mesure où c’est un complément de revenus mais cela pose deux grandes questions : 1. La concurrence avec les autres modèles sociaux, notamment ceux des chauffeurs à temps plein (on retrouve le problème avec l’auto-entrepreneuriat en général). 2. Une société où l’on ait besoin de plusieurs activités professionnelles pour vivre est-elle acceptable ? Sur ce dernier point on peut déjà noter que ni Uber ni les autres ne sont responsables de cette demande existante après presque une décennie de grave crise mondialisée.

Combien la #SNCF pourrait-elle vous payer pour voyager sur le RER / Transilien en heure creuse ?

Plein de bonnes choses dans cette étude domicile – travail à La Plaine Saint Denis. D’abord sur les habitudes horaires des salariés.

Ensuite sur ce qui les conduit à choisir certains horaires plutôt que d’autres. Où on constate qu’en région parisienne chacun a tout de même une marge d é manœuvre raisonnable.

Marge de manœuvre qui se traduit par la possibilité d’étaler le pic en étalant les horaires !

La SNCF en a déduit qu’elle pourrait tenter de lancer un challenge pour récompenser ceux qui se déplacent hors-pic. La question est : combien un opérateur de transport (ou le STIF) pourrait-il vous payer pour décaler votre voyage de 30mn ?
Vous avez 2h ^^
L’étude ici : http://www.sncf.com/ressources/commission3t_synthese-etude-salaries-entreprises-plaine-saint-denis_09112015.pdf
N’oubliez pas de prendre en compte le coût marginal des infrastructures, des trains, des autres modes, les externalités éventuellement évitées par report modal, etc…