Concevoir les transports publics « mobile-first »

Concevoir les transports publics « mobile-first »

L’accessibilité, l’inclusion de tous les publics et le design universel sont essentiels à un système de transport de qualité. Bien souvent quand vous évoquez le numérique, plus spécifiquement le mobile, en lien avec les transports publics ou un service de mobilité, votre interlocuteur bien intentionné s’inquiète de tout cela. Pensez donc à toutes ces personnes qui ne pourront pas accéder dans de bonnes conditions à votre service ! Des services conçus pour l’ère du papier-crayon seraient bien plus accessibles. À voir…


La réalité de l’équipement des français en Internet et smartphone suggère de plus en plus qu’il en va de l’inverse : si les services ne sont pas conçus « mobile-first » et avec de l’Open Data, ils ne seront pas réellement inclusifs, ils ne seront pas dans une logique de design universel. Avec 75% de la population équipée d’un smartphone (et 69% qui se sent compétente dans l’usage), l’essentiel de vos usagers en-dehors du segment des plus de 70 ans (et encore) est équipé et profitera mieux du service via votre appli ou une appli tierce exploitant vos données ouvertes (reconnaissons-le, ce sera souvent Google Maps).


De nombreuses personnes handicapées (notamment mal-voyants et non-voyants) utilisent les technologies numériques pour accéder dans les mêmes conditions que tout le monde aux services urbains comme les transports. À condition que l’accès ne leur soit pas interdit par l’absence de données ou d’appli.

 

Un impact plus fort du numérique sur les pratiques de mobilité – « Observatoire des Mobilités Émergentes » ObSoCo-Chronos

 

Il est temps de revoir notre perception de ce que doit être le design universel dans les transports, en commençant par de la donnée ouverte et des applis mobiles, en complétant avec des services par SMS et de l’info contextuelle de qualité in situ et des supports adaptés (papier ?) pour des besoins et publics spécifiques. Une telle approche nous emmènera probablement bien plus loin que la question de l’information voyageur car il s’agit d’un changement culturel profond, d’un renversement des pratiques.

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La Data pour « vivre » l’avenir des transports du bout des doigts

La Data pour « vivre » l’avenir des transports du bout des doigts

Navitia a eu une super idée : ne pas se contenter du présent, mais nous faire toucher le futur. Dès maintenant ! Comment ? En simulant l’information voyageur multimodale en 2030, quand une grande part du Grand Paris Express aura normalement été mise en service. 

Ce n’est pas seulement une façon de valoriser leur plateforme de calcul d’itinéraire. C’est aussi une contribution au bien commun à travers un outil et des API librement accessibles, dans une démarche d’Open Source, qui peut rendre de véritables services. À un professionnel comme moi l’outil permettra de mieux simuler et visualiser l’accessibilité d’un quartier actuel ou futur. Aux élus et aux citoyens il pourrait donner une projection concrète de son quotidien dans quelques années : temps et conditions de parcours, options disponibles. D’abord en utilisant l’outil de Navitia en ligne. Et pourquoi pas avec un Google Maps, Citymapper ou Mappy qui dans son application nous donnerait « l’alternative 2030 » pour nous permettre de matérialiser au quotidien ce que ces grands projets sont susceptibles de changer à notre vie ?

Imaginez si demain Vianavigo d’Ile de France mobilité faisait un partenariat plus global avec Navitia et d’autres Pour projeter la mobilité en 2030 mais peut-être simplement en 2020 quand des travaux sur les lignes ou des changements de matériels feront évoluer les dessertes ? Ou quand de nouvelles offres de mobilité seront déployées ? Ne serait-ce pas un moyen efficace d’engager et impliquer les citoyens, de rendre le futur désirable ?

Avis à toutes les AOM (Autorités Organisatrices de la Mobilité) qui ont envie de travailler autrement avec les citoyens et les élus !

Open Data et transports : l’Afrique a tant à nous apprendre !

à la UneOpen Data et transports : l’Afrique a tant à nous apprendre !

Les systèmes de mobilité informelle et les plateformes de données et Open Data en Afrique. Une très belle journée d’échanges organisée par l’AFD (Agence Française de Développement) qui commence à prendre ces sujets au sérieux comme levier d’amélioration des systèmes de transport dans les pays où elle intervient, donc de valorisation de ses investissements. Échanges inspirants avec des intervenants et porteurs de projet de grande qualité !

Digital Matatus à Nairobi au Kenya, Transport For Cairo en Egypte, Accra Mobility au Ghana mettent en avant le potentiel de ces transports dits « artisanaux », pour une ville résiliente et fluide. Quelles sont les conditions pour que du « chaos » émerge un système remarquablement structuré, intégré et adapté à la demande ? Mohamed Hegazy (Transport for Cairo) et Jacqueline Klopp (Columbia University) ont brillamment démontré qu’il faut :

  1. prendre en compte les transports artisanaux dans l’urbanisme, donc visualiser et analyser les flux, les usages et les pratiques
  2. implémenter des régulations adaptées et/ou des systèmes d’incitation pour améliorer la sécurité (routière, agressions, harcèlement), la performance des véhicules et leur impact environnemental
  3. assurer une intégration optimale avec les transports publics lourds (bus, métro, train) pour limiter la concurrence et améliorer l’efficacité du système.

Sur chacun de ces trois sujets une donnée accessible et de qualité est essentielle. Données sur le plan de transport (qu’il faut générer car elle n’existe pas a priori), sur la fréquence, les temps de parcours et la fiabilité de l’offre, et sur l’expérience de mobilité (confort, service, risques d’agression ou de harcèlement).  Lire la suite « Open Data et transports : l’Afrique a tant à nous apprendre ! »

Pourquoi devrait-on s’ennuyer pour innover dans les transports ?

Nos amis américains ont quelques qualités dont nous devrions nous inspirer : ils savent créer du spectacle et mobiliser le grand public avec. Il y a bien longtemps nous savions aussi faire cela en Europe. Quand les premiers projets fous de métro ou de train ont été mis en œuvre, ils ont suscité l’enthousiasme populaire.

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Le projet hyperloop d’Elon Musk – Source : HyperLoop

Désormais les nouveaux « grands projets » font l’objet de pinailleries politiques interminables, sont conçus par des bureaux d’étude anonymes, sont terriblement conformistes et limités par le budget, ne portent pas de vision nouvelle pour la société, avancent à un rythme de sénateur lors de son troisième mandat, font l’objet de « consultations publiques » où participent principalement des « citoyens professionnels », pour finalement ne déclencher aucune hystérie collective, hormis 10 ans plus tard quand l’infrastructure est déjà saturée !
Rien de tout cela avec quelques trublions qui ont décidé de revoir radicalement nos modes de transport.
Il y avait déjà eu le DARPA Grand Challenge 2004, suivi de la version 2005, pour lancer la course aux véhicules autonomes dans le désert. Un événement en public où s’affrontaient des équipes d’universitaires et constructeurs. Déjà assez sympa.

La version 2007 du Challenge en milieu urbain franchissait un nouveau palier. On pourrait croire que tout ceci n’était que de l’amusement, mais quelques années après l’énorme projet européen aux résultats peu spectaculaires, ce challenge a posé les fondations de ce que font Goigle, Tesla et les constructeurs auto aujourd’hui. Leurs équipes ont participé à ces challenges !

Elon Musk ne procède pas autrement. Puisque les gens sérieux et les bureaucrates sont sceptiques sur son projet, il invite des équipes à entrer en compétition pour le faire, et il organise une grande fête autour ! Et j’aimerais bien y aller voir l’été prochain… Car on peut être décalé mais se donner les moyens de ses ambitions !

http://www.forbes.com/sites/ericmack/2016/01/31/elon-musk-to-test-hyperloop-before-big-crowds-this-summer/#161189da3bc0

Le chaînon manquant du transport public : une atteinte inacceptable au monopole des Autorités Orga nisatrices ?

Il y a un consensus sur l’existence d’un gap à combler entre transports publics et voiture individuelle. Jusqu’ici les AOM (Autorités Organisatrices de la Mobilité) ont soutenu le covoiturage à but non lucratif, au sens puriste, pour les mobilités du quotidien. C’est très bien. Cela a une petite efficacité. Mais cela n’a pas démontré son potentiel pour régler le problème et avoir un effet de masse.

Les solutions de « microtransit » ouvrent un nouveau champ de solutions un peu tabou car il remet potentiellement en cause le monopole des AOM sur le transport public de personnes. Ces services posent problème non seulement parce qu’ils reposent sur de petits véhicules opérés par des acteurs privés (sans subvention parfois !) mais aussi parce que la nature très dynamique du service rend difficile leur appropriation par les AOM habituées à gérer des routes statiques et des capacités fixes pour l’essentiel. Il faudrait ajouter toutes les barrières culturelles inévitables entre ces différents acteurs.

Pourtant ces acteurs pourraient offrir des solutions attractives pour les AOM les plus désespérément à la recherche de solutions là où il n’y en a pas de pertinente. Avis aux amateurs en zones périurbaines et rurales.

En France un acteur s’est positionné sur ce marché. Il s’agit de PADAM qui a été choisi par la Fabrique des Mobilités au regard de son potentiel disruptif et sera accompagnée en 2016 lors de la première promotion. Objectif : initier de premières collaborations avec des acteurs publics et AOM ! Et pourquoi pas aussi de grands opérateurs de transport.

http://www.theglobeandmail.com/news/toronto/microtransit-cities-should-explore-innovation-that-will-help-move-people/article27931173/#

Uber s’attaque sérieusement aux transports

Ce n’est pas le premier signe ou le premier essai qu’Uber se conçoit comme bien plus qu’un service VTC mais plutôt comme celui qui videra les villes de voitures que vous conduisez vous-même (pour y mettre leurs voitures).

En ajoutant ces 2 services dédiés aux transports du quotidien Uber offre du covoiturage dynamique mais massifié (seule condition de succès) et du transport professionnel groupé à bas coût avec des « lignes virtuelles ». Ils ont la masse critique d’utilisateurs pour le faire.

Rassurez-vous toutefois la France ne devrait pas être concernée de suite 😦

Le potentiel lié à des transports du quotidien flexibles est énorme aussi bien là où il n’y a pas de transports en commun que là où il faut étendre le réseau par d’autres moyens.
http://venturebeat.com/2015/12/08/uber-is-testing-a-new-commuter-transit-service-in-seattle-and-chicago/

#Uber franchit le rubicon… du #transport public

Il fallait s’y attendre, Uber entend exploiter les faiblesses de nombreux réseaux de transports pour fournir de nouveaux services de transport collectif qui vont plus loin que UberPOOL déjà disponible (taxi partagé).
Rien n’indique que la coopération avec les organisateurs du transport à Rome soit très forte. On imagine donc la levée de boucliers potentielle. Toutefois le contexte de déliquescence romain et de Jubilé au Vatican devrait faire taire les critiques : tout supplément d’offre sera le bienvenu.

Imaginons un peu ce qu’Uber pourrait faire de tout cela : des partenariats avec des métropoles ou des villes plus petites (le modèle Bridj aux US), des services ponctuels lors d’événements rassemblant beaucoup de monde (comme PADAM à Paris) en partenariat avec les AOM ou les organisateurs. Ses navettes / chauffeurs pourraient d’ailleurs bouger de ville en ville.

Uber apporte encore et toujours la technologie, la logistique, la transaction sécurisée, etc. Et une capacité à aller vite et massivement dès qu’une opportunité est confirmée (donc à écraser toute concurrence).

Reste donc à attendre le Jubilé pour savoir si Uber va entrer de plein pied dans le transport public. Uber n’a pas fini de se faire des ennemis…
http://www.mobilicites.com/011-4446-Rome-Uber-se-lance-dans-le-transport-public.html