Attentats, voiture et essence

On savait que les attentats avaient considérablement augmenté les bouchons en Ile de France.
On retrouve le résultat dans l’évolution de la consommation de carburants, très significative (+4,4%). L’augmentation nettement supérieure de l’essence serait due au rééquilibrage essence / diesel du parc (qui a effectivement démarré sur les voitures neuves).
On peut supposer dans ce cas qu’il y a aussi un aspect usage. De « petits rouleurs » ayant une voiture essence et prenant le plus souvent les transports en commun sont revenus à leur voiture par peur.

Les esprits un peu complotistes ou mal tournés remarqueraient aussi que, symboliquement, ce comportement participe à l’engrenage mortel du terrorisme à long terme (comme la politique sécuritaire des États-Unis dans les années 2000) : plus de pétrole consommé augmente notre dépendance aux pays du Golfe, dégrade notre balance commerciale, augmente les revenus de ces pays qui indirectement alimentent la déstabilisation de la région.

Bref, il y a une bonne nouvelle : le pétrole n’a pas été aussi bas depuis longtemps, ce qui explique peut-être tout autant l’augmentation de la consommation.

La bunkerisation des gares TGV

La bunkerisation des gares TGV

Est en cours… Ce ne sera pas toujours simple, ce sera coûteux, cela dégradera l’expérience en train, mais elle semble inévitable, au moins côté français, vu la panique et la peur qui règnent d’après les derniers sondages, l’ambiance médiatique et politique.

Au niveau des gares cela pose un problème quasi-philosophique, car celles-ci sont traditionnellement des lieux ouverts, des lieux de rencontre et d’échange. Des lieux « multimodaux » comme on dit aujourd’hui. Ceci malgré la tendance récente et malheureuse des gares TGV au milieu du désert ou des champs (de blé, de betteraves ou de lavande selon les régions).
Il est difficile de considérer une caserne comme un lieu d’échange, de rencontre, de convivialité. Difficile de faire passer à l’échelle des démarches innovantes et bienvenues d’ouverture des gares à des services et projets multiples. Transilien et OuiShare animent un tel projet actuellement.

On pourrait aussi arguer que tous ces renforts de sécurité ne font que déplacer le problème et les risques (ce que disent des spécialistes), que le Stade de France (qui est un bunker) aurait pu subir des dizaines de victimes si ces terroristes-là avaient été au moins aussi « compétents » que leurs collègues du Bataclan.
Mais tout cela ne servira à rien. La bunkerisation est lancée, inéluctable, nos gares, un peu à l’image de notre société, vont se refermer.
http://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_des-portiques-de-securite-pour-les-thalys-quasi-impayable-a-liege?id=9148995&utm_source=rtbfinfo&utm_campaign=social_share&utm_medium=twitter_share

Le #terrorisme pourrait bouleverser notre système de #transport

Si on continue comme cela avec un haut niveau d’alerte terroriste, nos systèmes de transport vont être chamboulés : transports publics bunkérisés et désertés par une partie de leurs utilisateurs ; congestion encore plus dense, etc… Qui saura en tirer partie ? Quel place pour de nouveaux modes de transport ?
http://m.lalibre.be/actu/belgique/menace-terroriste-a-bruxelles-aucun-metro-ne-circule-ce-samedi-565011e23570ca6ff90ff5aa

Espaces publics, #transport et #terrorisme

Une (longue réflexion) sur le rôle des espaces publics dans la vie de la cité. Au cœur de l’idée d’espace public : la confiance a priori. C’est cette croyance que met à mal (en particulier) le terrorisme, en instillant une méfiance a priori, une surveillance réciproque, une tension entre les individus.

Les transports sont un espace public et ils connectent des espaces publics. Depuis janvier chacun peut observer des évolutions des comportements dans ces espaces, qui peut-être perdureront : méfiance et suspension, tensions et disputes, défiance et report (sur la voiture).
http://www.metropolitiques.eu/Les-espaces-publics-democratiques.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter
Pour l’instant signaux faibles, ces observations posent une question de fond : une société habitée par la peur (vers laquelle nous nous dirigeons peut-être à grande vitesse) aura-t-elle un rapport différents aux modes de transport ? Quid du transport collectif, sera-t-il toujours attractif ? Les vélos et les marcheurs bénéficieront-ils toujours de la même flexibilité et des mêmes facilités de circulation ? Les systèmes de transport basés sur des véhicules individuels ou de petite taille vont-ils connaître un essor accéléré ?