Les syndicats de l’hôtellerie, réactionnaires, font du tort à l’économie française. .. et aux français !

Le recul forcé de Voyages-SNCF sur elle partenariat AirBnB illustre une difficulté fondamentale à laquelle sont confrontées de nombreuses grandes entreprises qui tentent de se transformer.

Celles-ci, souvent, ne manquent pas de leaders éclairés, bien formés et bien conseillés, qui voient et comprennent les tendances de long terme et la manière dont elles impacteront leurs entreprises.
Parfois ces entreprises trouvent même les ressources internes pour se transformer : faire évoluer leur culture (en gardant le meilleur de celle-ci pour en faire un avantage compétitif), changer de métier, revoir leur offre de valeur. C’est quelque chose de difficile pour une entreprise (cf. Christensen) et Voyages-SNCF entre dans ce cas de figure en proposant un large plan avec différents acteurs pour offrir de nouveaux services, accompagner les attentes de ses clients, préserver son rôle de leader français du voyage.
Mais voilà, une entreprise ne vit pas sans son écosystème, et ne se transforme pas en
profondeur si son écosystème n’est pas vivant, en bonne santé et prêt à se recomposer (pour rappel la définition même d’écosystèmes implique une notion d’équilibre instable, se déplaçant en permanence).
Ici non seulement Voyages-SNCF fait face à des hôteliers, surtout les indépendants, exsangues, sans ressources pour se transformer, et conservateurs. Mais aussi à des autorités de tutelle paralysées par la peur face à cette nouvelle économie qui échappe quelque peu à leur vision colbertiste de l’économie. Il faut noter que les dirigeants d’AirBnB en France sont certes des entrepreneurs chevronnés et talentueux, mais ils n’ont même pas fait l’ENA ! Surtout l’Etat est maintenant en panique face à une économie dans laquelle les français se retrouvent de plus en plus et utilisent pour augmenter leur niveau et leur qualité de vie de manière non traditionnelle et non subventionnée (contrôlée) par l’Etat. D’où les décisions récentes proposées dans la loi de finance pour s’attaquer à AirBnB, à Drivy (location entre particuliers), etc…

Pour une grande entreprise comme SNCF et sa filiale Voyages-SNCF l’appui de l’Etat et son fort écosystème peuvent devenir des handicaps. En empêchant cette société de se transformer, d’avoir une vision de long terme, de préserver son rôle sur le marché français et européen, qui croit-on aider ? Pense-t-on que cela va stopper AirBnB ? Surtout stopper les nouveaux usages qui se développent à marché forcée ? Demain nous nous étonnerons qu’une entreprise comme SNCF subisse cette concurrence et décline. Comme nous nous lamenterons de n’avoir pas nous-même développé ces concepts.

Quant aux hôteliers, que pensent-ils préserver ? Au lieu de se réinventer eux-mêmes ? Les hôteliers indépendants étaient sur le déclin bien avant AirBnB ! Certaines de leurs exigences, autour de la fiscalité locale ou de la destruction de logements sur le marché de la location à usage d’habitation par exemple, seraient tout à fait audibles. Mais vouloir empêcher une société française comme SNCF de se positionner, au bénéfice de nombreux français, est non seulement rétrograde mais contre-productif. Cela ne leur rapportera pas un euro.
Les français qui auraient bénéficié de l’offre Voyages-SNCF auraient voyagé en France pour l’essentiel, avec un bilan carbone mais aussi économique positifs pour la société française. Ils
auraient mis leur logement, une
résidence principale, à disposition d’étrangers visitant la France (c’est majoritairement le cas sur AirBnB) en générant une taxe de séjour et des retombées touristiques. Sans impact négatif sur le logement en France (dans ce cas de figure qui est un vrai échange). En augmentant le pouvoir d’achat des français concernés, pour des dépenses de loisir en France (y compris d’hôtellerie) ! Sans surcoût pour la collectivité. Tout ce qu’on aime dans l’économie collaborative en somme. Avec un minimum de retombées négatives. Et en y ajoutant que la valeur est mieux répartie sur le territoire que pour les hôtels selon AirBnB, ce qui est de nature à fournir des retombées économiques dans des quartiers qui En bénéficient habituellement beaucoup moins.

À la place les français concernés choisiront peut-être une destination à bas coût, pour du soleil pas cher, s’y rendront en avion, ne dépenseront pas d’argent en France, ne généreront pas de dépenses et revenus d’étrangers en France, n’amélioreront pas leur pouvoir d’achat. Cela bénéficiera-y-il aux hôteliers en déclin et les plus fragiles ? Très marginalement. Après tout l’expansion d’AirBnB à Paris s’est faite en parallèle d’un marché de l’hôtellerie qui n’était pas en recul sur cette période.

Les arguments des hôteliers sont fallacieux pour l’essentiel. Comme la sécurité alors que les chambres d’hôtes n’y sont pas soumises. Ou bien la fiscalité d’AirBnB alors que c’est un (vrai) problème bien distinct qui concerne énormément de grands groupes (y compris français) dans le domaine des services et du web en particulier. De fait le Ministère des Finances ferait mieux de travailler sérieusement le sujet des prix de transfert et de prendre des mesures plutôt que de s’attaquer aux particuliers pratiquant l’économie collaborative. Cela rapporterait beaucoup plus et rééquilibrerait certaines concurrences déloyales. Quant à s’attaquer

http://www.lefigaro.fr/societes/2015/12/15/20005-20151215ARTFIG00096-la-sncf-fache-le-secteur-hotelier-en-s-alliant-avec-airbnb.php

Avec cette dernière attaque réactionnaire contre la transformation d’une grande entreprise française, l’industrie de l’hôtellerie fait du tort à l’économie française, aux finances françaises, à de nombreux consommateurs et familles, à des régions touristiques françaises, et finalement à eux-mêmes. Tout le contraire d’un sain et intelligent patriotisme économique dans lequel l’industrie du tourisme s’appuie sur toutes les ressources du territoire et promeut un tourisme local tout au long de l’année auprès des citoyens.

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Inventer une couverture sociale pour la sharing economy

Les géants de l’économie du partage ou à la demande, ces plateformes géantes qui rapprochent de manière novatrice l’offre et la demande, sont largement critiquées pour ne pas apporter de couverture sociale adaptée à ceux qui en tirent tout ou partie de leurs revenus.

L’initiative de Lyft (concurrent d’UberPOP aux US) démontre que les choses bougent. Étant acquis que le salariat n’est pas la bonne solution pour ces nouvelles activités et que le statut d’indépendant n’apporte pas les garanties et services nécessaires, il y a lieu de penser une troisième voie, comme le suggère de son côté Nicolas Colin.

Lyft donne accès à ses chauffeurs à une couverture retraite facultative et portable (on peut cumuler différentes activités sur différentes plateformes). C’est incomplet et non transposable tel quel en France mais donne des idées.

http://www.bna.com/lyft-retirement-program-b57982064126/

Une éthique de responsabilité pour l’économie du partage

Constat : l’économie du partage est peut-être un mouvement aussi puissant que la mondialisation. Il suscite des controverses et débats éthiques tout aussi puissants.
http://qz.com/552694/theres-a-simple-step-airbnb-and-uber-can-take-to-make-the-sharing-economy-safer/

Solution proposée : s’inspirer des solutions éthiques trouvées par les grands groupes pour assumer leurs responsabilités. Ex : Uber a des « partenaires » mais peut exercer sa responsabilité en vérifiant le niveau de formation, la couverture as surnaturelle, le niveau de sécurité, etc… Comme IKEA avec ses fournisseurs.

Les papy boomers feront-ils exploser la #SharingEconomy ?

Pour avoir un impact macroscopique, structurel et sociétal, l’économie du partage doit être transgénérationnelle, elle doit conquérir / convaincre en particulier la génération des papy boomers. http://www.theglobeandmail.com/globe-investor/retirement/retire-lifestyle/baby-boomers-will-drive-the-sharing-economy-into-the-mainstream/article27161335/?service=mobile
Cela peut se faire par nécessité et par attractivité. Cela posera de manière plus aiguë encore les questions de performance environnementale et sociétale de ces innovations.

Collaborative Economy Honeycomb

Une vue 360 degrés de la richesse de la Sharing Economy. Et qui s’étend sans cesse sur de nouveaux champs : quels seront les prochains ?
Les transports / mobilités sont un champ d’application important depuis le début, avec des modèles économiques parfois déjà robustes, et d’autres à mûrir.
http://www.web-strategist.com/blog/2014/12/07/collaborative-economy-honeycomb-2-watch-it-grow/