Demain, les station-services indépendantes des entreprises pétrolières ?

Demain, les station-services indépendantes des entreprises pétrolières ?

La recharge rapide dans les station-services, ce serpent de mer qui refait surface. En 2010-2011 déjà, au début du cycle de developpement de l’électrique actuel, c’était un gros sujet. Il ne s’est rien passé.

Les raisons sont assez évidentes : des volumes de clients et de recharge trop réduits, des problèmes de moustique / sécurité, un problème fondamental de business model, la réticence d’acteurs publiques et de l’énergie (ERDF au premier chef en France, qui ne voulait pas voir de charge raide se développer).

Entre-temps des acteurs ont émergé comme Tesla qui ont préféré déployer eux-mêmes l’infrastructure dont ils avaient besoin. Y compris parfois dans des station-services.

Les pétroliers vont-ils revenir dans le jeu ? Cela reste douteux, du moins sera-ce à petits pas. Les stratégies sont variées, et l’écart entre l’intérêt business de la gestion des station-service (qui veulent préserver leur chiffre d’affaires, leurs revenus et leurs clients) et les majors pétrolières qui veulent essentiellement… vendre du pétrole !

Demain les stations Shell auront de plus en plus intérêt en effet à attirer les utilisateurs de véhicules électriques avec des services de recharge de qualité, sur lesquels ils pourront se différencier par les services et les tarifs (contrairement à l’essence qui est un produit très faiblement différencié). Ces clients font aujourd’hui partie des segments les plus favorisés. Demain y seront inclus les classes moyennes supérieures. Surtout ces clients s’arrêteront systématiquement 30mn environ, ce qui en fait de bien meilleurs clients que ceux qui s’arrêtent pour un (petit) plein, passent aux toilettes et repartent aussi sec. Cela a d’autant plus d’importance si l’on considère que les stations-services vivent autant des revenus annexes que de la vente de carburant (qui finance certes les coûts fixes).

De son côté la major Shell a peu intérêt au developpement du véhicule électrique, puisque le principal débouché de la production de pétrole, c’est le carburant.

Peut-on en conclure que demain les réseaux de station-services n’appartiendront plus seulement à des majors du pétrole, mais davantage à des leaders de la grande distribution ou des services ?

https://www.theguardian.com/environment/2016/sep/13/electric-cars-could-be-charged-at-shell-service-stations-from-2017

Attentats, voiture et essence

On savait que les attentats avaient considérablement augmenté les bouchons en Ile de France.
On retrouve le résultat dans l’évolution de la consommation de carburants, très significative (+4,4%). L’augmentation nettement supérieure de l’essence serait due au rééquilibrage essence / diesel du parc (qui a effectivement démarré sur les voitures neuves).
On peut supposer dans ce cas qu’il y a aussi un aspect usage. De « petits rouleurs » ayant une voiture essence et prenant le plus souvent les transports en commun sont revenus à leur voiture par peur.

Les esprits un peu complotistes ou mal tournés remarqueraient aussi que, symboliquement, ce comportement participe à l’engrenage mortel du terrorisme à long terme (comme la politique sécuritaire des États-Unis dans les années 2000) : plus de pétrole consommé augmente notre dépendance aux pays du Golfe, dégrade notre balance commerciale, augmente les revenus de ces pays qui indirectement alimentent la déstabilisation de la région.

Bref, il y a une bonne nouvelle : le pétrole n’a pas été aussi bas depuis longtemps, ce qui explique peut-être tout autant l’augmentation de la consommation.