BlaBlaCar va-t-il se lancer dans le covoiturage pour tous et pour tout ?

BlaBlaCar va-t-il se lancer dans le covoiturage pour tous et pour tout ?

Autrement dit BlaBlaCar va-t-il proposer des services de covoiturage aussi en temps réel et des services avec un modèle d’affaire réellement adapté aux usages du quotidien sur courte – moyenne distance ? L’annonce de RideMap pose la question.

De quoi s’agit-il concrètement ? BlaBlaCar a connu plusieurs évolutions de son modèle économique au cours du temps (cf. ci-dessous la présentation de l’historique de la success story BlaBlaCar). Il s’est affiné en quelque chose de « scalable », qui a fait ses preuves, et pour lequel BlaBlaCar a levé des fonds considérables pour l’étendre en Europe et dans le monde.

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BlaBlaCar est devenue une plateforme… De services numériques

BlaBlaCar propose certes un véritable service de transport, un mode désormais reconnu, le covoiturage.
Toutefois BlaBlaCar se définit avant tout comme un acteur du numérique qui a une communauté conséquente d’utilisateurs actifs (20 million en Europe, jusqu’à 8 million en France). Désormais BlaBlaCar monétise cette communauté et ce qu’elle en connaît tout en développant les services à destination de cette communauté : assurance, péage autoroute, essence, et maintenant services bancaires.
Demain d’autres services autour de la voiture mais aussi du mode de vie en général ? BlaBlaCar semble privilégier des partenariats avec des acteurs plutôt traditionnels ayant besoin de diversifier et rajeunir leur base de clients. BlaBlaCar leur apporte une communauté active avec laquelle il est possible de développer de « l’engagement ». Elle en retire des bénéfices pour ses membres, une plus grande attractivité, une plus grande connaissance de ses clients, et une forme de monétisation.
http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=021541932693&fw=1

Ce processus que mettent en œuvre les plateformes est bien connu. Il est utilisé par les GAFA et toutes les plateformes à succès. Il a été décrit pour les transports (et comment exploiter la valeur générée sous forme de communs) par Gabriel Plassat et la Fabrique des Mobilités.
http://lafabriquedesmobilites.fr/articles/la-fabrique/les-4-dynamiques-de-la-fabrique/

L’erreur fréquente que commettent des startups avec un modèle de plateforme c’est de vouloir développer une multitude de services annexes et monétisations sans avoir encore une large base client. BlaBlaCar aussi à ses débuts a connu ce problème avant de se concentrer uniquement sur son produit.
Toutes les plateformes à succès ont développé un service simple et à valeur ajoutée, ont utilisé les données et l’expérience pour améliorer le service, puis l’enrichir, puis monétiser la large communauté d’utilisateurs.

BlaBlaCar au Brésil pour démontrer son universalisme

En s’attaquant à de nouveaux marchés aux contextes et cultures nettement différente de l’Europe continentale (Russie, Inde, Brésil) BlaBlaCar va passer le test de l’universalité de son modèle, au-delà de ses adaptations locales.
Le covoiturage à la BlaBlaCar permet-il de fonder une véritable World Company ? Les solutions de la mobilité sont-elles aussi universelles que les solutions du web et des réseaux sociaux ?

La réponse d’ici un an ou deux certainement.

http://live.lesechos.fr/57/021520515957.php#xtor=CS1-105

Les Français font confiance aux acteurs de la nouvelle économie

Les acteurs du numérique et en particulier les plateformes entre particuliers (Le Bon Coin et BlaBlaCar) sont en tête de l’authenticité et de la confiance accordées par les français à des entreprises. Au contraire Uber, Facebook ou Twitter sont dans les limbes.

Faut-il comprendre que les français valorisent de véritables interactions P2P sur les places de marché, sans être réticentes à ce qu’il y ait un véritable modèle économique derrière ?
Je pense que cela doit inspirer notre réflexion dans les transports et la mobilité. Et que le gouvernement, du moins le cabinet Macron, devrait cesser d’attaquer un modèle plébiscité par les français, notamment à travers BlaBlaCar. L’exemple récent d’une libéralisation incontrôlée des cars pour faire du tort à notre licorne nationale des transports, pourrait se révéler contre-productive : cars utilisés parfois à contre-emploi, concurrence avec le train encore accrue, entrée d’acteurs étrangers sur le marché.
Le développement d’entreprises aux innovations radicales et acceptées par la société est possible en France : profitons-en pour en faire un avantage compétitif réel !
http://www.lefigaro.fr/societes/2015/11/26/20005-20151126ARTFIG00010-les-francais-font-confiance-aux-acteurs-de-la-nouvelle-economie.php

Le BlaBlaCar du colis

Un concept sympa : la livraison de colis entre particuliers. Dont on voit bien l’intérêt potentiel pour des colis volumineux / fragiles. Quand les services pro peuvent être coûteux.

http://www.maddyness.com/startup/2015/11/24/cocolis/

Toutefois ce modèle n’est pas tout à fait nouveau. Il y a eu plusieurs tentatives assez proches depuis 2010, dont j’ai oublié le nom, ce qui n’est pas forcément bon signe.

Pour aider à ma façon l’équipe de http://www.cocolis.fr à faire de son service un succès, quelques points de vigilance que j’identifie de mon expérience :
1/ Être le « BlaBlaCar du colis » cela peut être bien. Sauf si BlaBlaCar est susceptible d’entre votre principal concurrent. De fait aujourd’hui il y a régulièrement du transport de colis sur BlaBlaCar. Ainsi j’ai déjà transporté une boîte de (délicieux) macarons entre Rouen et Paris (des petits jeunes qui les emmenaient en Asie pour diffuser la bonne culture française ! Mais qui les avaient oubliés chez papa-maman). Une bonne amie a déjà transporté un chat de Paris au Havre (ayant elle-même un chat elle avait semble-t-il toutes les qualifications requises).

Entendons-nous bien : BlaBlaCar n’en a pas fait une offre et cela tend à montrer qu’il y aurait un marché. Mais c’est aussi une concurrence de fait (beaucoup d’offres) et si un tel business décollait le concurrent serait déjà aux premières loges pour s’y positionner. Ou alors d’la restera une niche…
2/ Sur le modèle en lui-même, comment sortir de la niche de « l’occasion noël un peu spécial » ? Sortir du transport de chats et de macarons ? D’autres se positionnent en lien avec la grande distribution ou le e-commerce, avec un risque de dérive vers la professionnalisation (une « Uberisation » disent les savants journalistes)
3/ Enfin en faisant sortir la pratique de l’informel cocolis.fr est obligé de sortir une (longue) liste d’exemptions qui peuvent refroidir (et renforcer le caractère de niche).

En tout cas bon courage à toute l’équipe de http://www.cocolis.fr qui est sur un sujet porteur et prometteur. Les possibilités sont vastes !

[EDIT] Merci aussi à PiggyBee qui a fait un recensement des nombreuses initiatives de livraison entre particuliers à travers le monde. N’hésitez pas à compléter leur liste.