La trottinette marque son territoire

La trottinette marque son territoire
Longtemps cantonnée à sa qualité de jouet, voir tombée en désuétude, la trottinette connait un regain d’intérêt depuis le début des années 90.
S’émancipant de son statut de jouet pour enfant, elle prend d’assaut les trottoirs de villes : à la fois peu encombrante, agile et pratique elle devient un totem de la multi-modalité. Qui n’a jamais vu ces hommes d’affaires au guidon de ces bolides (de plus en plus souvent électriques) slalomé entre les piétons à travers la ville, à une vitesse de pointe à faire pâlir de jalousie des automobilistes coincés dans les embouteillages, avant de bondir sur le côté pour plier leur trottinette, la passer sur leur épaule et entrer dans le métro ?
Pendant ce temps, les enfants ne sont pas en reste. Même les plus jeunes citadins, à l’instar de nos hommes d’affaires pressés, ne veulent plus perdre de temps pour faire le trajet qui sépare leur maison de leur école ou de leur club sportif. La trottinette a définitivement trouvé une place dans la panoplie des moyens de transports de nos jeunes urbains. Sauf que si nos écoliers ont parfaitement adopté cette nouvelle pratique, les écoles n’étaient pas prêtes à accueillir ces nouveaux moyens de transports et les ont repoussés en dehors de leurs murs, sur les trottoirs de la ville.
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Trottinettes stationnées sur le trottoir devant un établissement scolaire du XVe Arr à Paris, le 3 octobre 2017 (Crédit : Julie Braka)

Au détour d’une rue du XVe arrondissement de Paris, on tombe sur cette scène assez cocasse, où des dizaines de trottinettes sont attachées aux barrières protégeant le trottoir de la circulation devant une école privée, alors qu’une affichette plutôt explicite bien que non officielle interdit de stationner sa trottinette sur cet espace.

Cet exemple assez sympathique nous pousse à nous interroger sur la place des nouvelles mobilités dans la ville et en particulier sur nos trottoirs. Nos vieilles villes, aux rues étroites, obligent les collectivités locales à faire des choix et faire preuve d’imagination. Les usages prennent parfois les devants et le partage d’espace public donne lieu à des situations quelque peu ubuesques.
L’équilibre du partage de l’espace entre les différents modes est encore loin d’être trouvé et si on peut penser que la bataille se passe entre les voitures et les modes doux, en réalité (comme on peut le voir sur la question des vélos à la demande), la situation est bien plus complexe que cela.
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Qui gagnera la bataille de l’espace public ? La ville à l’épreuve du « vélo à la demande »

Qui gagnera la bataille de l’espace public ?   La ville à l’épreuve du « vélo à la demande »

L’avenir de la ville sera le vélo ou ne sera pas. En tout cas, c’est l’impression que j’ai eue en passant deux jours sur le salon Autonomy. Alors que l’année précédente j’étais repartie en pensant que nous allions tous rouler en véhicules autonomes dès le lendemain, pour cette deuxième édition du salon Autonomy, je n’arrête pas de me demander – sûrement chassés par des hardes de vélos – où ils sont passés. Plus de navette autonome ou de drone passager, même si j’en ai entendu parler. Pendant ces deux jours, il m’a semblé n’avoir vu que des vélos, n’avoir parlé que vélos et n’avoir entendu que vélos, de préférence électriques, et plus particulièrement sous forme servicielle.

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Stands OFO et Indigo Wheels au Salon Autonony (crédit: Julie Braka)

 

C’est peut-être un peu exagéré, mais objectivement 50 % des stands et des espaces du salon étaient dédiés au vélo et celui-ci tenait une place significative dans les discussions lors des nombreuses conférences. À l’heure où Paris s’apprête à changer son opérateur historique de vélos en libre-service (VLS) avec lequel elle avait ouvert la voie à ce type de service de mobilité pour de nombreuses villes et capitales du monde entier, on a la sensation de se retrouver au temps des pionniers et d’être le témoin d’une ruée vers l’or, où le premier en place s’accaparera le filon du vélo en libre-service (pour autant qu’il existe), sans se soucier des externalités négatives qu’il pourrait engendrer. Lire la suite « Qui gagnera la bataille de l’espace public ? La ville à l’épreuve du « vélo à la demande » »