Les vendeurs de pioches de la mobilité autonome

Bien souvent ce sont les vendeurs de pioche qui font fortune dans les ruées vers l’or. Et Valeo se verrait bien être le vendeur de pioche du véhicule autonome. En misant sur ses actifs et quelques rachats ciblés, c’est assez bien engagé.
S’il est assez incertain de prédire qui emportera la mise du véhicule autonome entre constructeurs automobiles, GAFA de la Silicon Valley, nouveaux entrants et opérateurs de mobilité (transport public traditionnel ou transport à la demande type Uber), ni même de discerner quels seront les modèles économiques couronnés de succès, il ne fait aucun doute que les capteurs, calculateurs et équipements réseau à haut débit pour les véhicules vont être très demandés !

Une voiture equipée d'un LIDAR - Stanford, 2009 Flickr - S. Jurvetson - https://flic.kr/p/7apCYV
Une voiture equipée d’un LIDAR

Il y a lieu toutefois d’être plus modérés que Le Figaro dans l’évaluation du potentiel de profitabilité d’une telle activité. Oui, à court terme, les marges sont confortables, du fait de la nouveauté technologique et des défis à relever. Mais à long terme l’électronique a prouvé maintes fois qu’elle se « commodotisait » avec des coûts de revient unitaires tendant rapidement vers zéro. Autrement dit le positionnement de Valeo est porteur et cohérent avec son rôle d’équipementier de rang 1, intégrateur de technologies, mais à long terme ils ne capteront pas l’essentiel de la valeur créée par l’essor des véhicules automatisés.
Il est heureux d’avoir des acteurs français et européens de taille mondiale positionnés sur les technologies d’automatisation des véhicules. Il serait plus inquiétant que ne tardent à émerger des champions français parmi les opérateurs de mobilité et les constructeurs. Les choses sont en marche toutefois, menées par Renault et la RATP dans le plan NFI (Nouvelle France Industrielle), soutenus par un Institut dédié, Vedecom, et l’écosystème de recherche français. Toutefois la concurrence européenne et mondiale est féroce, et on ne peut se contenter de réflexions, d’annonces, de roadmaps molles ou d’expérimentations : il nous faut un double mouvement au plus vite. Le premier peut venir d’en haut, en créant les conditions économiques et réglementaires favorables à la France comme terre de mobilité autonome. L’autre, indispensable, doit venir d’en bas, de l’écosystème entrepreneurial et industriel qui prenne des risques, avec audace, pour développer non seulement la technologie mais de nouveaux modèles économiques associés, pour une mobilité de nouvelle génération.
http://www.usine-digitale.fr/article/valeo-acquiert-l-allemand-peiker-pour-rendre-les-voitures-encore-plus-communicantes.N370457

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