Du rôle de la réglementation dans le déploiement des véhicules autonomes

Au cœur du développement des véhicules autonomes, la réglementation, qui aujourd’hui ne permet globalement pas de faire rouler des véhicules de niveau 3 à 5 (classification SAE). Les réglementations évolueront certainement, à plusieurs niveaux. Toutefois cela sera tout sauf neutre. Les choix réglementaires auront un impact sur les business model et les expériences client qui seront possibles ou non. Et donc aussi sur les acteurs qui deviendront leader de ces nouveaux marchés.
C’est donc sans surprise que l’écosystème est bouillonnant de lobbying dans chaque État américain comme au niveau fédéral, ainsi que dans les autres pays industrialisés. Les résultats pourraient être variables en fonction des pays, conduisant à des marchés hétérogènes. Tel pays pourrait ne pas faire évoluer sa réglementation de suite, ou bien avoir une politique très libérale (autoriser largement et de manière agnostique des systèmes autonomes), ou bien enfin imposer une vision restrictive de ce que peut être ou ne pas être un système autonome.
Ces choix pourraient varier en fonction du contexte industriel de chaque pays. En Europe les industriels de l’automobile sont dominants, et ils ont leur approche propre, caractérisée par une continuité des gammes de véhicules et des usages, la propriété restant privilégiée pour les particuliers. Les asiatiques avec leurs géants de l’électronique, leur culture du service et la haute densité de leurs villes pourraient privilégier les solutions servicielles mettant fin à la mobilité autosoliste dans les villes. Et les Etats-Unis alors ? Ils ont la voiture dans leur ADN (tout juste ne l’ont-ils pas protégée par un Amendement dans leur Constitution), des constructeurs historiques de poids mondial, mais aussi la Silicon Valley et ses « barbares ». Ce qui les caractérise, c’est peut-être le goût de la « disruption » et de l’innovation schumpétérienne. Surtout qu’en géneral ce sont les autres qui en paient les conséquences (c’est un peu comme le dollar en fait…).
Les Etats-Unis sont en fait tiraillés par une approche caractéristique de la culture automobile (garantir la sûreté de fonctionnement a priori, avancer dans la continuité) et l’approche cowboy (on tire d’abord et on discute ensuite). La première approche est celle retenue jusqu’ici par l’Etat de Californie et ses régulateurs qui imposent des conditions strictes à l’expérimentation et ont proposé un cadre pour de futurs déploiements barrant la voie à l’automatisation de niveau 4. Au contraire l’Etat fédéral a annoncé la semaine passée qu’il était disposé à considérer l’IA développée par Google et consorts comme un conducteur à part entière, au sens juridique du terme. Une manière élégante et pragmatique de lever nombre d’obstacles au développement des véhicules autonomes, nos répondre au besoin d’encadrement de ce nouveau type de mobilités.
voiture autonome Nissan

http://www.theguardian.com/technology/2016/jan/27/california-bill-driverless-cars-legal-first-time-america

En complément, cette étude du cabinet BCG sur les attentes de la société et des régulateurs, et les différentes approches envisageables, mérite d’être consultée.

http://fr.slideshare.net/mobile/fred.zimny/bcg-revolutionversusregulationsep2015-tcm80195553

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