Face aux #GAFA, pour jouer à armes égales, il nous faut des communs !

Ils sont nombreux, sous nos contrées, ceux qui opposent encore les communs à la création de valeur économique. Pourtant ces communs sont bien souvent à l’interface de la société civile et du monde économique. C’est une source de tensions permanente certes. Les débats récents autour de la loi numérique ont d’ailleurs démontré l’immense retard français en la matière, en particulier sur le droit d’auteur. Nous partons de si loin que nous débattons de la possibilité de prendre en photo (et d’utiliser la photo, ne serait-ce que sur un réseau social !) un bâtiment ou infrastructure public financé par le contribuable, sous prétexte que cette œuvre aurait été conçue par un architecte (qui a été payé pour ses services). À ce compte-là on peut se demander pourquoi les mêmes droits d’auteur ne permettent pas d’exiger des royalties pour chaque personne qui verrait ledit viaduc (ou autre ouvrage d’art récent). Peut-être simplement parce que c’est peu pratique…

Lorsque Google a ouvert Android, lorsque Microsoft, Facebook et Google ouvrent leurs logiciels de deep learning, il ne s’agit ni d’altruisme, ni de suicide économique, mais d’une juste compréhension du fonctionnement d’un écosystème. Un écosystème économique vit parce qu’il y a des valeurs communes, des objectifs partagés, des leaders, une complémentarité entre les acteurs. Mais un écosystème se développe surtout autour de communs réellement partagés. Un écosystème naturel repose sur un certain nombre de communs : l’eau, l’air, l’espace et le territoire, etc… Si l’un des acteurs (le leader) de l’écosystème s’approprie le commun ou se garantit un accès privilégié, il appauvrit l’ensemble de l’écosystème pour son bénéfice de court terme. Appauvrissement dont il sera certainement une victime à long terme.

Par conséquent il faut constituer des communs à partir de ressources techniques et économiques fondamentales, et non à partir de ressources secondaires ou périphériques. Les acteurs de la Silicon Valley, qui ne sont pas des enfants de chœur, l’ont bien compris. Ils mettent sur la table qui son OS (système d’exploitation), qui ses outils d’Intelligence Artificielle. Pas une version dépassée ou limitée non, mais la version sur laquelle travaillent leurs équipes de recherche et sur laquelle ils développent leurs produits phare. Ils ne donnent pas juste un droit d’accès ou d’information, mais le droit d’utiliser ces outils, de les modifier, et d’en faire un usage commercial ! Oui, le concurrent pourrait non seulement récupérer de bonnes idées mais en plus utiliser lui-même notre outil ! Mais il vaut toujours mieux être le leader que l’on suit, qui est copié, qui celui qui subit.
Il vaut mieux un outil qui est utilisé ou critiqué par des chercheurs, utilisé par des hackers, exploité par des acteurs économiques pour créer leur propre activité, qui contribue au rayonnement de l’entreprise, qu’un outil caché de tous dont les limites sont celles de la créativité d’une seule équipe (celle qui l’a crée et le développe), aussi brillante soit-elle.

Les travaux menés depuis un an avec la Fabrique des Mobilités ont permis de poser les fondations de l’utilisation des Communs dans un écosystème d’innovation pour des innovations de rupture dans les mobilités. Cet écosystème est jeune mais opérationnel. Des dizaines d’acteurs économiques (constructeurs, équipementiers, opérateurs de transport, Startups, BlaBlaCar), de la société civile, des territoires et de la recherche soutiennent la Fabrique. Plusieurs d’entre eux ont ouvert et mis à disposition des ressources pour constituer un catalogue de communs qui s’élargit sans cesse. Les données en Open Data dans le domaine des transports apparaissent doucement et font partie de ces communs. La Fabrique des Mobilités fournit un lieu de rencontre qui permet des échanges et coopérations même confidentiels. Elle fournit surtout des outils de gouvernance ouverte, absolument indispensables.

Si nous voulons aller plus vite et aussi loin que les acteurs de la Silicon Valley pour révolutionner les mobilités il faut utiliser les mêmes armes qu’eux, d’autant plus quand ces armes créent une forte valeur pour la société en même temps qu’elles créent de la valeur économique.

Comme Google et Facebook, Microsoft rend accessible son outil d’intelligence artificielle

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