Le statut des chauffeurs Uber inscrit dans la loi

Aux US plusieurs États, à l’initiative d’Uber et Lyft, sont en train d’inscrire dans la loi le statut des chauffeurs opérant pour ces compagnies : celui de contractuels indépendants.

Ce genre d’approche du droit social est commune en Europe mais très rare aux Etats-Unis où ce sont plutôt les jurisprudences qui finissent par définir le statut social des uns et des autres. Uber étant attaqué en Californie par certains chauffeurs réclamant le statut de salarié, ils ont donc pris les devants dans d’autres États.

La complexité du débat vient de ce que les chauffeurs ne sont pas entièrement des salariés et ne souhaitent pas forcément le devenir, notamment ceux qui n’exercent pas cette activité à temps plein et ceux qui l’exercent de manière irrégulière et / ou sur plusieurs plateformes. Toutefois le statut d’indépendant pose problème en termes de couverture sociale. C’est très vrai aux Etats-Unis (aucune cotisation / couverture obligatoire) et assez vrai en France où la couverture est moindre et surtout il n’y a pas de protection face à une décision de la plateforme de se séparer de son chauffeur.

Ce qu’on peut regretter c’est que l’initiative d’Uber d’obtenir une régulation allant entièrement dans le sens du statut indépendant ne permette pas de régler la question des droits des chauffeurs utilisant la plateforme. Les plateformes elles-mêmes sauront-elles traiter le problème ? Lyft s’y est engagé timidement, mais rien de significatif ne se passera tant que l’offre de chauffeurs dépassera la demande des plateformes.

http://m.stltoday.com/business/local/states-pass-laws-backing-uber-s-view-of-drivers-as/article_0bee4a3c-fa63-51dc-9cbb-fefacbdf6c5a.html

La petite Leaf qui grave la voie du véhicule électrique

Plus discrète que la Tesla Model S, peut-être finalement moins connue du grand public, il y a une voiture électrique pionnière de cette nouvelle génération à base de batteries Li-ion apparue au tournant des années 2010 : c’est la Leaf bien évidemment ! 200 000 ventes mondiales après 5 ans apparaîtrait modeste pour beaucoup de modèles de cette catégorie, mais la progression illustre le travail accompli et surtout l’immense potentiel.

La Leaf est une voiture réussie, et une voiture électrique réussie, depuis le début. Elle a su réunir une communauté d’utilisateurs passionnés autour d’elle. Et elle évolue très régulièrement. Les progrès accomplis sont déjà marquants en termes de fiabilité et même d’autonomie, et les prochaines évolutions vont permettre de franchir un cap.

Ce cap pour moi, c’est celui des 250km d’autonomie sur autoroute, en conditions réelles. Cela correspond à 2 heures de conduite. Passé ce cap la question de l’autonomie deviendra un problème secondaire puis un non-problème. Tesla a illustré cette situation. Et devinez quoi ? La Leaf va franchir ce cap dès 2017-2018. Et ensuite ? Toutes les évolutions permettront de poursuivre un double objectif : allonger encore un peu l’autonomie et réduire le coût de la voiture, jusqu’à ce qu’elle coûte le même prix qu’une hybride aujourd’hui, et que son avantage à l’usage écrase les motorisations thermiques (qui elles, de plus en plus sophistiquées, coûtent de plus en plus cher). D’ici 2030 la convergence complète pourrait avoir eu lieu.

De son côté Renault s’est positionné aussi sur l’électrique avec un succès moins marqué, une rapidité d’exécution moins importante (arrivée sur le marché en 2012-2013). Mais s’ils développent à plein les
synergies industrielles au sein du groupe Renault devrait aussi être capable de devenir un leader de l’électrique dans les années 2020. Et faire du pari de Carlos Ghosn un succès avec quelques années de retard ?

Une belle histoire riche d’enseignements, à lire ci-dessous.
https://transportevolved.com/2015/12/10/five-years-after-its-launch-nissan-leaf-electric-car-heads-towards-200000-global-sales/

Voiture électrique : les chinois en embuscade

On oublie facilement de regarder au-delà de notre aire géographique de référence. Quand nous parlons de véhicule électrique nous nous concentrons souvent sur ce que nous voyons en Europe et aux US. C’est souvent mitigé.

Pendant ce temps-là en Chine ils mettent l’accélérateur sur la voiture électrique, et font feu de tout bois : primes à l’achat, investissement dans les infrastructures, developpement de gammes élargies, incitations réglementaires (stationnement, circulation). Le cocktail complet, à une échelle bien plus grande que chez nous. Cela donne des choses étonnantes comme ce véhicule électrique urbain : une sorte de Twizy lowcost (encore que le prix soit discutable).

Le positionnement des chinois sur les véhicules électriques a du sens. À horizon 2050 les hydrocarbures ont peu d’avenir dans l’automobile, et la Chine est déjà très dépendante des carburants fossiles. A Viet terme les gains d’émissions de CO2 ne sont pas évidents vu le rôle majeur du charbon dans la production électrique, mais à long terme cela devrait aussi évoluer.
Une raison bien plus forte encore est que la Chine connaît des épisodes de pollution absolument épouvantables. Par conséquent la question sanitaire autour de la mobilité est essentielle et le véhicule électrique est indiscutablement plus vertueux que le véhicule thermique.

L’électrique a donc de beaux jours devant lui en Chine.

http://www.bloombergview.com/articles/2015-12-10/to-see-the-future-of-electric-cars-look-east

Il faudra aussi compter avec les chinois !

Il faudra aussi compter avec les chinois !

C’est certainement vrai de tout nouveau marché à potentiel. C’est a fortiori vrai du marché du véhicule autonome. Voilà donc Baidu, le « Google chinois », qui entre dans la dansez ce une stratégie similaire à Google : un véhicule entièrement autonome tout de suite plutôt qu’une suite d’évolutions progressives !

Tout est dit…
http://wap.engadget.com/2015/12/10/baidu-autonomous-car-full-driverless-testing/

http://www.technologyreview.com/news/544391/baidus-self-driving-car-takes-on-beijing-traffic/

Comment #Uber veut sauver le monde

Uber est un remède post-crise pour les ménages qui ont perdu des revenus. Uber est un ascenseur social. Uber va régler le problème de la circulation en ville, et probablement par effet collatéral celui de la pollution aussi. Uber va redéfinir le travail.
Tout ceci selon M. Plouffe, le lobbyiste en chef d’Uber, lors d’un entretien donné le mois dernier !
http://dcinno.streetwise.co/2015/11/03/ubers-david-plouffe-on-sharing-economy-economic-future/
Tout ceci peut sembler légèrement surévalué ou biaisé mais il est utile de plonger dans l’argumentation et la vision sous-jacente. Les 2 points mis en avant par Uber depuis quelques mois sont : Uber est une solution pour les villes, et une solution pour compléter les revenus des individus. Une solution plutôt qu’un problème, qui mérite une régulation adaptée et relativement flexible, en substance. C’est à chaque fois une question de perspective.

Uber met l’accent sur la réduction de la congestion et la desserte de territoires pauvres du point de vue transport (pauvres tout court aussi), à un coût sans cesse décroissant. On attend de voir des solutions Uber en rural et périurbain. Ce ne sera pas en France vu la réglementation mais dans d’autres pays possiblement.

Sur l’évolution du travail c’est plus complexe. Uber généralise une forme de travail existante mais jusqu’ici minoritaire : l’indépendant dépendant dépendant d’une plateforme (c’est déjà le cas de beaucoup de taxis toutefois, notamment à Paris avec G7 / Taxis Bleus). Trouver un modèle social adapté, qui soit entre le salariat et l’indépendant classique est un sujet en soi qui soulèvera beaucoup de résistances on s’en doute. C’est pourquoi Uber met l’accent sur l’activité de chauffeur occasionnel pour compléter ses revenus. Ce n’est pas majoritaire pour lui (surtout en volume de courses) mais en developpement fort. Le modèle social semble moins problématique dans la mesure où c’est un complément de revenus mais cela pose deux grandes questions : 1. La concurrence avec les autres modèles sociaux, notamment ceux des chauffeurs à temps plein (on retrouve le problème avec l’auto-entrepreneuriat en général). 2. Une société où l’on ait besoin de plusieurs activités professionnelles pour vivre est-elle acceptable ? Sur ce dernier point on peut déjà noter que ni Uber ni les autres ne sont responsables de cette demande existante après presque une décennie de grave crise mondialisée.

Pourquoi acheter une #Tesla quand on peut avoir une hybride au même prix ?

Dans une « zone tarifaire très acceptable » de 65 000 € – 84 000 € vous pourrez vous offrir cette belle boîte de conserve aux « lignes un brin », qui convient particulièrement aux européens, « moins conservateurs que les américains » ! Bien sûr pour ce prix-là vous bénéficierez « d’équipements datés, tel le GPS, limite obsolète ». On est vintage ou on ne l’est pas !

Soyons honnête nous parlons ici de vintage quelque peu hipster puisque le RX 450h (vous l’aviez reconnu) fut le « premier SUV hybride en 2005 » et qu’il nous revient donc dans cette nouvelle version.

Ce qu’il est intéressant de noter sur ce monstre prêt à affronter la ville et ses dangers, c’est le choix de ne pas « devenir plugin » hybride, donc rechargeable. Avec un argument imparable et de bon sens tout à fait impressionnant : « nous nous sommes aperçus que les deux tiers des propriétaires d’un SUV “plug-in” premium ne les rechargeaient pas» selon Lexus.

C’est évidemment l’information que je retiens : quand vous êtes du style à dépenser 75 000 € (prix moyen) pour une boîte de conserve vintage roulant au pétrole, vous n’allez tout de même pas vous embêter à la recharger (et vous salir les mains !) pour gagner quelques euro. Parfaitement logique, surtout que c’est souvent votre entreprise qui paie (dont vous êtes éventuellement le dirigeant) donc tout ceci est défiscalisé.

Ce qui compte financièrement c’est plutôt la taxation du véhicule : éventuel bonus / malus et surtout TVS. Le bonus hybride rechargeable « va probablement diminuer de 4000€ à 1000€ » selon Lexus donc un hybride fera bien l’affaire pour une consommation normalisée à 5,3l/100 soit 122gCO2/km quand le journaliste note qu’en « conduite rapide » on « brûle allègrement plus de 10l/100 ».

Conclusion : l’hybride rechargeable usage réel c’est pas toujours gagné, l’hybride c’est l’avenir (court terme), mais si vous n’êtes pas vintage et avez de l’argent à dépenser dans une voiture optez pour une Tesla ou l’une des grosses berlines premium qui va arriver sur le marché.

Pour les autres, ce débat nous dépasse, mais nous pouvons nous consoler en nous disant qu’en 2020 nous aurons des véhicules électriques abordables avec la même autonomie qu’une Tesla !

Qui ne travaille pas sur le #VéhiculeAutonome aujourd’hui ?

En tout cas Samsung a décidé de ne pas rester de côté et de rejoindre des petits copains de Google et Apple dans la danse.
Bientôt il sera plus simple de nommer les acteurs du high-tech qui ne travaillent pas sur le véhicule autonome.

Pour Samsung, large conglomérat, il y a de nombreux débouchés possibles : intégration de systèmes, capteurs, gestion des données mais aussi plus classiquement lnfotainment et multimédia à bord.

La voiture était jusqu’ici un espace plutôt low-tech du point de vue du numérique mais l’automatisation / connectivité est en train de changer tout cela.
http://www.cnbc.com/2015/12/09/samsung-sets-up-team-to-focus-on-driverless-cars.html