Comment #Uber veut sauver le monde

Uber est un remède post-crise pour les ménages qui ont perdu des revenus. Uber est un ascenseur social. Uber va régler le problème de la circulation en ville, et probablement par effet collatéral celui de la pollution aussi. Uber va redéfinir le travail.
Tout ceci selon M. Plouffe, le lobbyiste en chef d’Uber, lors d’un entretien donné le mois dernier !
http://dcinno.streetwise.co/2015/11/03/ubers-david-plouffe-on-sharing-economy-economic-future/
Tout ceci peut sembler légèrement surévalué ou biaisé mais il est utile de plonger dans l’argumentation et la vision sous-jacente. Les 2 points mis en avant par Uber depuis quelques mois sont : Uber est une solution pour les villes, et une solution pour compléter les revenus des individus. Une solution plutôt qu’un problème, qui mérite une régulation adaptée et relativement flexible, en substance. C’est à chaque fois une question de perspective.

Uber met l’accent sur la réduction de la congestion et la desserte de territoires pauvres du point de vue transport (pauvres tout court aussi), à un coût sans cesse décroissant. On attend de voir des solutions Uber en rural et périurbain. Ce ne sera pas en France vu la réglementation mais dans d’autres pays possiblement.

Sur l’évolution du travail c’est plus complexe. Uber généralise une forme de travail existante mais jusqu’ici minoritaire : l’indépendant dépendant dépendant d’une plateforme (c’est déjà le cas de beaucoup de taxis toutefois, notamment à Paris avec G7 / Taxis Bleus). Trouver un modèle social adapté, qui soit entre le salariat et l’indépendant classique est un sujet en soi qui soulèvera beaucoup de résistances on s’en doute. C’est pourquoi Uber met l’accent sur l’activité de chauffeur occasionnel pour compléter ses revenus. Ce n’est pas majoritaire pour lui (surtout en volume de courses) mais en developpement fort. Le modèle social semble moins problématique dans la mesure où c’est un complément de revenus mais cela pose deux grandes questions : 1. La concurrence avec les autres modèles sociaux, notamment ceux des chauffeurs à temps plein (on retrouve le problème avec l’auto-entrepreneuriat en général). 2. Une société où l’on ait besoin de plusieurs activités professionnelles pour vivre est-elle acceptable ? Sur ce dernier point on peut déjà noter que ni Uber ni les autres ne sont responsables de cette demande existante après presque une décennie de grave crise mondialisée.

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