Nous sommes heureux de publier aujourd’hui une traduction (réalisée par ) de l’article consacré par le Financial Times à Deways, pionnier français de la location de voiture entre particuliers. Le journaliste du Financial Times a interviewé Alexandre Grandremy et Gary Cohen, les cofondateurs de Deways. L’article a été édité par Ghislain Delabie, qui suit Deways et contribue à son développement depuis 2011.

Deways fut non seulement un pionnier de la location de voiture entre particuliers, mais ils portent une vision originale encore aujourd’hui, centrée sur les communautés d’utilisateurs et les services aux propriétaires. À côté d’acteurs dominants dont le modèle économique repose sur un marketing coûteux, Deways vise une approche plus locale, auto-entretenue et rentable à court terme. Nous sommes impatients d’observer leurs développements en 2015 et l’évolution de ce marché passionnant.

Deways fait partie de ces acteurs des nouvelles mobilités qui participent au rayonnement de la French Tech, attirant l’attention des media et des acteurs étrangers, qui s’étonnent bien souvent du foisonnement et de la concurrence des idées, des services et des acteurs que l’on trouve depuis plusieurs années en France.

Les car-clubs ne sont pas nouveaux, mais Internet leur a donné une toute nouvelle dimension. C’est ce qu’ont prouvé Alexandre Grandremy et Gary Cohen, deux diplômés de l’ESSEC, avec leur entreprise Deways.

L’ESSEC, où Alexandre Grandremy et Gary Cohen ont fait connaissance en 2008 pendant leur MBA – Grande Ecole, est en périphérie de Paris, moins bien desservie par les transports en commun que le centre de la ville. C’est ainsi qu’ils ont identifié un besoin : si les étudiants rêvent bien souvent de la liberté que peut leur offrir une voiture, ils ont rarement les moyens de s’en acheter une.

« L’idée d’une plateforme d’auto-partage est venue alors que je n’avais pas de voiture, j’ai commencé à emprunter régulièrement la Smart de Gary pour la journée ou le week-end. Je voulais indemniser Gary au plus juste, et on a donc évalué ensemble le coût réel de mon utilisation de sa voiture », se souvient Alexandre.

La solution

Alexandre Grandremy et Gary Cohen se sont vite aperçus que d’autres étudiants pourraient être intéressés par l’autopartage. Ils ont alors commencé à développer la technologie nécessaire pour le faire en ligne, à la manière d’un réseau social où les membres peuvent partager des détails sur leur destination, le type de véhicule qu’ils mettent à disposition, et la qualité des voitures louées. C’est ainsi qu’est né le premier service de location de voiture entre particuliers de France.

Pour trouver une voiture à louer, à Paris par exemple (l’entreprise a désormais étendu son offre aux villes de Marseille et Lyon), rendez-vous sur deways.com, renseignez votre situation géographique, et les voitures disponibles à proximité apparaissent à l’écran, avec les évaluations et commentaires des conducteurs précédents. Les membres peuvent réserver une voiture en une minute, d’après Deways. Le propriétaire reçoit alors un SMS et un e-mail, lui permettant d’accepter ou de décliner la demande de réservation.

Le contrat de location et l’assurance sont fournis par Deways pour la période de la location, évitant les formalités habituelles que nécessite la location traditionnelle d’une voiture. L’assurance tout-risque encourage les propriétaires à mettre leur véhicule à disposition via Deways.

« L’approche communautaire de Deways favorise la confiance entre les membres, un critère important lorsqu’on fait du partage », selon Alexandre Grandremy.

Le développement du service

Les fondateurs ont rapidement réalisé que leur système ne répondait pas seulement aux problèmes rencontrés par les étudiants sur leurs campus, mais était aussi attractif pour de nombreux habitants des grandes villes.

Construire la confiance est l’un des piliers de Deways. « Le service reste une plateforme d’autopartage communautaire, permettant à ses membres d’entrer en contact par affinités, les regroupant par centres d’intérêts communs, tels que leurs loisirs, profession ou école, dans le but de faciliter le contact humain, alors même que le service s’étend au niveau national. »

« Notre équipe encourage les propriétaires à créer leur propre communauté de membres autour de leur domicile ou au bureau grâce aux outils de self-marketing de Deways. », ajoute-t-il.

“Cela permet plus de confiance entre les membres, et donc des revenus potentiellement plus stables pour les propriétaires. Cela rend également Deways moins dépendant du référencement payant (SEM), important poste de dépenses pour une start-up pouvant fragiliser la rentabilité de sa structure. “

Les cofondateurs, tous deux issus de familles de professions libérales et d’entrepreneurs, se destinaient à la création d’entreprise. Mais ils reconnaissent qu’ils n’avaient jamais imaginé se lancer dans la location de voitures.

« Alexandre est ingénieur en énergie, et pensait se lancer dans les énergies renouvelables, » se souvient Gary Cohen. « Je démarrais pour ma part une activité dans les telecoms. Nous avons créé Deways, notre première entreprise, sur un principe qui répondait à nos propres besoins. »

En 2012, après avoir éprouvé le concept sur quelques-uns des campus d’écoles de commerce les plus prestigieux de France, les cofondateurs ont levé des fonds à hauteur de 1,2 millions d’euros, en capital auprès d’Eyal Aronoff, cofondateur de l’entreprise américaine Quest Software, avec un complément sous forme d’aides à l’innovation de l’Etat français (Investissements d’Avenir).

Deways compte plus de 13 000 membres, conducteurs et propriétaires, et prévoit d’atteindre les 20 000 membres dans les quatre prochains mois. D’après ses fondateurs l’activité sera profitable dès 2015.

Et maintenant ?

Gary Cohen et Alexandre Grandremy cherchent de nouveaux investisseurs pour développer leur activité. Ils font également face à la concurrence de services d’autopartage qui s’étendent à travers l’Europe, par exemple celle de l’américain Zipcar, déjà très implanté au Royaume-Uni (et qui lance son activité en France – NDLR).

« Nous sommes à la recherche d’investisseurs visionnaires qui croient, comme nous, en un monde plus collaboratif et plus efficace, où chaque propriétaire de voiture pourrait non seulement se libérer des contraintes économiques que représente une voiture, mais aussi en faire une activité complémentaire », dit Alexandre Grandremy.

« Grâce à notre approche communautaire, nous allons rendre à leurs propriétaires la valeur dormante de nos millions de voitures. »

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2 réflexions sur “Comment un prêt de voiture a fait le succès d’une start-up

    1. Je ne travaille plus directement pour Deways, qui poursuit son développement. Ma contribution est que l’activité est effectivement proche de l’équilibre mais que l’enjeu pour une plateforme comme Deways est de développer son activité et sa communauté d’utilisateurs.

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